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Le Chanoine Boudret de Montierneuf à Poitiers - « un train de retard (...)

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Le Chanoine Boudret de Montierneuf à Poitiers
« un train de retard »

Animateur de la Bayard-Saint-Jean, aumônier de scouts sous le patronyme de Père Loup, le Père Boudret aimait la jeunesse. Il refusa le monopole que Vichy voulait établir sur l’éducation. Un ancien se souvient d’une colonie de vacances à Sanxay où, rencontrant un autre groupe qui chantait « Maréchal, nous voilà », il avait poussé les gamins à hausser la voix avec le chant des cœurs vaillants. Par sa parole franche, en chaire, il refuse la défaite.

Son activité d’accueil mérite une attention particulière. « Quand l’exode fit affluer une foule de réfugiés, la cure de Montierneuf s’ouvrit toute grande à toutes les détresses. Ce qui pouvait servir d’abri dans la cure et ses dépendances fut mis à la disposition des malheureux réfugiés ; pas un coin d’inutilisé. Du matin au soir bien avant la nuit, l’abbé Boudret payait de sa personne pour venir en aide à tous faisant les démarches, procurant des vivres, remontant les courages. Son entrain et sa bonne humeur, ses réparties pittoresques et surtout sa grande charité consolaient, encourageaient et ramenaient le sourire sur ces visages déprimés. »

Arrêté le 22 juillet 1944, il réussit à cacher les feuilles relatant les massacres d’Oradour. La Gestapo le brutalise et l’envoie à Fresnes puis au camp de Compiègne pour être déporté.

Voici son témoignage

« Et maintenant c’est la vie angoissante du camp. Dans ce camp, on trouve toute la gamme de la société : évêque, prêtres, tout un séminaire moins cinq élèves qui ont été fusillés, préfets, marquis, docteurs très nombreux, gendarmes, commissaires de police, beaucoup de jeunes gens et des vieux, un général de 80 ans.

Le 14 Août, branle-bas : tout le monde part pour l’Allemagne. On nous fait faire des colis de nos effets qu’on nous enlève : on doit partir les mains libres, on passe par la fouille. Pour moi, le SS me fait déshabiller intégralement ; l’évêque y passe également. On nous tasse dans la volière de départ et on attend.

La résistance fait son travail pendant ce temps. Elle incendie le train et nous ne pouvons pas partir. Explosion de joie. Mais le commandant du camp nous avertit qu’il fera tout son possible pour nous procurer les bienfaits d’un voyage en pays lointain. C’était gentil !

Le 18 août, rassemblement pour un départ ; on fait des appels. M. Bureau et moi n’en sommes pas.

Le 24 août, nous sommes libérés, Tout est bien qui finit bien. »

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