Jean Frossard, jésuite : De quel côté sont les armées du Pape ?

retour au menu

Jean Frossard,
jésuite : De quel côté sont les armées du Pape ?

A la rentrée de 1943, ce jésuite d’une quarantaine d’années est nommé aumônier des étudiants à Poitiers rue Édouard Grimaud. Cinq mois au cercle catholique suffiront pour qu’il soit arrêté le 29 janvier 1944 par la Gestapo. Il aurait reçu un jeune Français parachutiste qui avait été élève à Franklin à Paris et qui était venu demander l’hospitalité. Avec ce parachutiste qui sera emmené en Allemagne et fusillé en octobre 1944, un autre étudiant qui avait sa chambre dans la maison est aussi déporté. La surveillance de la Gestapo avait déjà incité le P. Hamel à quitter Poitiers.

Il est emmené, après quatre mois à la Pierre Levée, à Neuengammen près de Hambourg où il est astreint à un travail de forçat. Tombé malade, le 19 janvier 1945, il put recevoir en cachette l’extrême onction et une absolution des mains de Mgr de Solages, recteur de l’Institut catholique de Toulouse.

Cet intellectuel, en lien avec Mgr Salièges, avait prononcé un discours peu apprécié à Montauban le 14 mai 1942 « S’il y a des habitants dans la planète Mars et qu’à l’aide de télescope plus puissants que les nôtres ils soient à même de voir ce qui se passe sur la planète Terre, ils doivent être épouvantés du spectacle que donnent les fourmis que nous sommes occupés à nous entre-détruire... Et voilà que de temps à autres en face du spectacle, la pensée des hommes, même des incroyants parfois, se tourne vers la Rome éternelle, celle des papes, chef de centaines de millions de croyants et l’on entend dire d’une voix scandalisée : “Comment se fait-il qu’au milieu de tout cela le Pape ne dise rien ?” Mes frères, le Pape parle. Mais on ne l’entend point parce que parmi les meneurs de ce jeu de la mort ; il y en a qui ont trop intérêt à ce que l’on entende pas une voix qui, même lorsqu’elle ne les nomme point, est leur condamnation. »

Cet homme, né à Nancy en 1896 est entré dans la compagnie en 1920, avait fait toute sa carrière dans les établissements jésuites : directeur spirituel à St-Louis-de-Gonzague à Paris puis à St-François-Xavier à Vannes avec deux années comme aumônier militaire en 1939-1940. « Il est passé comme un météore à Poitiers » témoignage une participante au cercle catholique. C’est son nom sur la liste des déportés qui a permis de retrouver ce religieux.

A Poitiers, il vivait en maison avec le P. Aubry qui faisait partie de l’armée secrète et qui se déguisait en femme le dimanche pour distribuer des missives.

retour au menu