Vendredi Saint 2025 œcuménique à Niort
– Monologue de Nicodème
– Monologue de Pilate
– Monologue d’un soldat romain
– Prédication de la Pasteure Nathalie Paquereau
Monologue de Nicodème
Si vous m’aviez dit que je serais allé voir Jésus au cœur de la nuit, je ne vous aurais pas cru.
Je suis pharisien. Depuis mon enfance, je connais parfaitement les écritures ; la loi de Moïse, je la mets en pratique au plus haut degré. Je fais toujours de mon mieux pour soutenir notre foi.
En plus, je suis membre du Sanhédrin de Jérusalem, le corps décisionnaire des Juifs. Même sous le joug romain, notre peuple a une certaine autonomie, surtout en ce qui concerne nos lois, nos pratiques, notre religion. Vous savez, il faut la protéger, veiller à ce que le peuple fasse tout le nécessaire. Il faut aussi s’assurer que les rabbins n’égarent pas le peuple, qu’ils soient aussi droits que nous.
Entre nous, les membres du Sanhédrin, nous avons souvent parlé de Jésus. On avait entendu dire que lui, c’était le Messie, promis depuis toujours, qui allait nous libérer de l’oppression. Mais franchement, un menuisier sorti de Nazareth ... que peut-il venir de bon de Nazareth ? je ne sais pas si vous savez que Nazareth se trouve dans la région de Galilée, où ne vivent que des rustres/manants/ploucs.
On le suivait, on l’écoutait, on lui posait des questions pour essayer de comprendre s’il était vraiment Celui qu’on attendait, que Dieu nous avait promis.
Il y avait en Lui quelque chose qui me faisait chaud au cœur. J’étais persuadé que Dieu l’avait envoyé et qu’il était avec lui. J’ai étudié encore une fois les écritures, les prophéties. J’ai essayé de comprendre. Je voulais en savoir plus, mais il m’était impossible de lui parler en tête à tête.
Alors, je suis allé le voir pendant la nuit. Nous avons beaucoup parlé ; non, ce n’est pas vrai, c’est lui qui m’a enseigné. Je me suis rendu compte qu’il y avait des choses que j’ignorais, même en tant que pharisien. Il m’a parlé d’être né de nouveau, par l’Esprit. Il m’a dit que Dieu avait envoyé son Fils dans le monde, non pour le condamner mais pour le sauver. Il m’a parlé de Moïse et le serpent de bronze. Il m’a dit qu’il faut placer ma confiance en lui pour avoir la vie éternelle.
Il m’a parlé avec une autorité, une clarté que je n’avais jamais rencontrée. J’ai gardé le souvenir de tout ce qu’il m’a dit ; j’ai continué à y réfléchir.
Je ne l’ai pas revu pendant un certain temps ; Jésus est parti vers la Judée avec ses disciples. Moi, je suis resté à Jérusalem.
Quelque temps plus tard, Jésus est revenu à Jérusalem à l’occasion d’une de nos fêtes. Il continuait à enseigner avec autorité, à guérir (même le Sabbat !). Il parlait de Dieu comme son père.
Mes collègues, les purs-et-durs, les intransigeants, n’en pouvaient plus. En appelant Dieu son propre Père, Jésus se faisait ainsi l’égal de Dieu. Cela, ils ne supportaient pas.
Ils ont envoyé les gardes du Temple arrêter Jésus, mais les gardes sont revenus sans l’amener. Quand ils ont demandé aux gardes pourquoi ils étaient revenus seuls, les gardes ont répondu « Personne n’a jamais parlé comme cet homme ».
C’était vrai. Moi, je gardais toujours le souvenir de tout ce qu’il m’avait enseigné cette nuit-là et je le croyais.
Je voulais, donc, essayer de remettre un peu d’ordre et de sagesse dans la situation. J’ai posé une question, « Notre loi nous permet-elle de condamner un homme sans l’avoir entendu et sans savoir ce qu’il a fait de mal ? »
Ils m’ont demandé si moi aussi j’étais de la Galilée et puis ils m’ont dit de consulter les Écritures, où je verrais qu’aucun prophète ne sort de la Galilée.
C’est à ce moment-là que j’ai compris qu’ils avaient déjà décidé de mettre à mort Jésus.
Et ils ont réussi. Ils l’ont condamné et ils ont incité la foule à demander sa mort. Pilate a dû accéder à leur demande.
Ils se croient vainqueurs.
Moi, j’attends la suite.
Monologue de Pilate
Il était innocent. Il savait que moi, je le savais. Il avait compris qu’il n’avait qu’à répondre à mes questions pour échapper à la mort. Il devait comprendre le danger ; il avait déjà été entraîné devant Hérode.
Je ne pouvais pas m’empêcher de l’admirer. Le voilà, calme devant ses accusateurs. Il a écouté les accusations des chefs des prêtres mais il n’a pas répondu. Je croyais que je pouvais le sauver. Je n’avais pas encore relâché un prisonnier, comme je faisais d’habitude pendant la Pâque ; j’aurais pu donc leur libérer Jésus, leur roi.
Pour leur rendre le choix plus facile, j’ai comparé Jésus avec un brigand, un meurtrier célèbre que j’avais arrêté et enfermé, à la joie du peuple. Jésus ou Barabbas. Je trouvais le choix très facile. Mais la foule avait d’autres idées.
Et pourtant, j’aurais pu le délivrer. Je voyais que Jésus était innocent. J’en étais convaincu. J’aurais pu intervenir, même pendant que la foule demandait sa mort.
Ma femme m’avait dit de ne pas me mêler de l’affaire de ce juste. Juste ! Elle avait vu sa mort dans un rêve et elle ne voulait pas que je sois impliqué.
J’ai mes responsabilités, ma position en tant que gouverneur. Je suis censé contrôler ce petit coin de l’empire romain mais ce n’est pas toujours facile. Je dois faire plaisir à l’empereur. Il faut aussi faire plaisir à ce peuple, aux chefs des prêtres. Si j’avais choisi de libérer Jésus, j’aurais pu déclencher une rébellion. Et je peux vous assurer que les rebellions ne font pas plaisir à l’empereur.
J’ai tout fait pour qu’ils comprennent que je n’étais pas du tout d’accord avec leur jugement, que je savais qu’il était innocent, que j’en étais convaincu.
J’ai fini par me laver les mains, devant eux. Je leur ai dit que je ne voulais pas être responsable de la mort de Jésus. Ils m’ont répondu qu’ils acceptaient la responsabilité, que son sang serait sur leurs mains.
Voilà ce qu’ils ont dit.
Mais j’aurais pu le sauver, le libérer.
Monologue d’un soldat romain
Tout de suite, on savait qu’il y avait quelque chose de différent. Ce n’était pas un brigand typique, vous voyez. Son crime ? Le Roi des Juifs. Non, mais ... c’est quelle sorte de crime, ça ?
Faut dire que cela ne nous a pas empêchés de nous moquer de lui. Un roi ? Eh, ben, nous avons trouvé de quoi lui mettre un manteau d’écarlate sur les épaules et un bâton à la main et nous l’avons salué comme s’il était un vrai roi.
On en a bien rigolé.
Des copains ont fabriqué une couronne d’épines qu’ils ont mise sur sa tête. Moi, j’ai trouvé qu’ils allaient un peu trop loin, mais c’est très facile de se laisser aller. Nous, vous savez, on est habitué à la violence, aux exécutions ; un peu plus de sang, cela ne nous fait rien.
Et puis, et je ne sais pas vous l’expliquer, toute cette comédie a cessé de nous amuser. Chacun a ressenti … je ne sais pas, quelque chose. On était en train de lui cracher dessus, de le battre avec un grand bâton mais il se tenait debout, silencieux, sans fléchir. Le sang lui coulait dans les yeux, on voyait bien qu’il avait mal, qu’il était en difficulté et en même temps, il l’acceptait. Il n’était pas fâché, ni méchant, ni malveillant ... je dirais qu’il se résignait à son sort. Il l’acceptait.
Vraiment, j’ai jamais vu ça.
Je ne m’étonnais pas qu’il n’arrivait pas à porter sa croix jusqu’à Golgotha. Une croix, vous savez, c’est lourd. Ça fait partie de la punition, porter sa croix. Il n’y en a pas beaucoup qui y arrive. Celui-là non plus. On a dû chercher quelqu’un dans la foule, un gars costaud, pour lui donner un coup de main.
Une fois arrivés, nous l’avons cloué à sa croix. Vous pouvez imaginer, cela fait mal. Mais je vous jure que ce que nous avons vu sur son visage, l’angoisse, la douleur, ne venait pas tout simplement de ce qu’on faisait à son corps. On aurait dit que le poids du monde entier reposait sur lui.
Tant de souffrance sur son visage.
Et puis il a prié. Il a demandé pardon pour nous. Il a dit que nous ne savions pas ce que nous faisions. Je n’ai rien compris. Je suivais mes ordres. Ni plus, ni moins. Pourquoi avais-je besoin de pardon ?
Après l’avoir crucifié, nous avons partagé ses vêtements, tirant au sort ce que chacun apporterait et nous avons attendu qu’il meurt, comme on a l’habitude de faire.
Encore une fois, comme je vous ai déjà dit, j’avais le sentiment que celui-ci n’était pas du tout comme les autres.
....
Vers midi, tout le pays a été plongé dans le noir. Le soleil est resté caché pendant des heures. Nous, on avait une peur bleue ; on aurait préféré fuir mais il fallait rester pour garder les trois croix. Jésus a fini par pousser un grand cri puis il est mort. Un de nos officiers, qui avait vu ce qui s’était passé, a rendu gloire à Dieu en disant : « Aucun doute, cet homme était juste. »
Prédication de la Pasteure Nathalie Paquereau
Nicodème attend la suite, dans notre narration...Mais aujourd’hui il fait si noir...comment attendre une suite en lisant Esaïe 53...Méprisé, abandonné des hommes…
Il n’y a là que souffrance annoncée ; pourtant, parmi les titres donnés à Jésus dans la Bible, certains nous conviennent bien, comme le fils de l’Homme, ou le fils de Dieu, ou Emmanuel, Dieu avec nous, au moment de Noël ; ou encore Jésus le maître, ou l’enseignant, ou encore le « nouveau Moïse », qui rappelle le libérateur du peuple de toute forme d’esclavage. Oui tout ça nous convient bien parce que ce sont des titres plutôt gratifiants, qui contiennent en leur sein, un projet positif pour l’être humain, une promesse d’un futur ouvert et serein, d’un avenir restauré. Mais aujourd’hui un des titres donnés à Jésus est celui du serviteur souffrant. A quoi cela fait-il allusion ? A deux choses. Tout d’abord aux souffrances de Jésus subies lors de son procès, suivi de sa condamnation à mort et sa crucifixion. Cette souffrance supportée par Jésus, alors qu’il est considéré comme innocent renvoie donc à ce texte du prophète Ésaïe. Et là, le contexte n’est pas du tout le même. Au moment du prophète Ésaïe, environ 800 ans avant la venue de Jésus, le peuple d’Israël est maltraité. Il est envoyé en exil à Babylone, Jérusalem tombe aux mains de l’ennemi assyrien et le temple est détruit. Le prophète Ésaïe est celui qui apporte les paroles de réconfort et de consolation au peuple d’Israël. Et au moment où l’on s’y attend le moins, à quatre endroits différents du livre, voilà qu’une figure énigmatique apparaît, que l’on ne peut rapprocher d’aucun personnage historique ni d’aucun roi de cette époque. Ce personnage mystérieux est injustement persécuté. Sa mission est d’accepter pour lui-même la souffrance imméritée et démesurée, pour sauver d’autres êtres humains des fautes qu’ils ont commises. Souffrir et mourir à la place de tous les autres, ça rappelle le rite du « bouc émissaire » présent dès le début de la religion d’Israël.
Pourquoi ce rite étrange ? A l’époque, personne n’existait seul, dans la communauté. Si quelqu’un commettait une faute, elle rejaillissait sur tout le monde, tout le monde était fautif et la suprême punition était le bannissement de la communauté. Le rituel du bouc émissaire permettait l’expiation collective. Le bouc « porte » pour tous les autres. « Ce sont nos souffrances qu’il a portées, c’est de nos douleurs qu’il s’est chargé » dit Esaïe…
8 siècles avant la venue du Christ, l’agneau immolé est annoncé, Celui qui va subir l’innommable, « porter nos ruptures et intercéder pour les coupables ».
Pouvons-nous aujourd’hui accepter qu’un seul, le Christ, porte tout ce qui nous encombre, nos ruptures, nos manques d’amour, nos besoins de réconciliation avec Dieu, avec l’autre, avec nous-même, ou sommes-nous trop fiers pour celà ? Pensons-nous nous en sortir tout seul ? Sommes-nous prêts à accepter que chacun d’entre nous a contribué à la crucifixion, en ne l’accueillant pas, en ne l’écoutant pas, en ne le suivant pas comme le Vivant qu’Il est ? » qui a cru à ce qui nous était annoncé ? » au pied de la croix, la question nous est à nouveau posée.
Ils crachaient sur lui...Ah il est beau votre Dieu, pourraient penser certains : un Dieu, ça ne se met pas à mort ; un Dieu, ça ne peut pas être cloué sur un morceau de bois… Non, un Dieu, on ne peut pas lui cracher dessus, le frapper ou se partager ses vêtements. Ce n’est plus un Dieu, c’est un usurpateur !!
Connaissez-vous un autre Dieu que le Dieu de Jésus-Christ pour avoir subi toute l’horreur humaine sans rien dire ?
Certains diront : « non mais la croix, c’était dans le plan de Dieu ; il a eu besoin d’un sacrifice parfait »…et de s’en laver les mains.
Non, il n’y a pas d’autre Dieu pour laisser à ce point l’humanité le traiter de manière si avilissante.
Alors : désir de Dieu d’un sacrifice ultime ? lâcheté de Dieu devant les hommes capricieux ? abandon total de l’humanité par Dieu tellement c’était allé trop loin ?
La croix est, je le crois, le reflet de l’amour inconditionnel et humainement fou que Dieu nous porte. Pourquoi ? Voilà Un Dieu qui n’a pas détruit l’humanité devant la pire des tragédies : la mise à mort de Celui qui était venu annoncer la réconciliation entre Dieu et chaque humain.
Avec le Christ en croix, n’avons-nous pas atteint le summum de la haine dont l’homme est capable ?
Nous ne sommes pas sans nous souvenir de cette parabole des ouvriers de la vigne qui tuent les uns après les autres les envoyés du propriétaire de la vigne, lequel envoie alors son fils en disant : « lui au moins ils n’oseront pas le tuer… » ; son fils mourant comme les autres…
Cette croix, elle est inacceptable. Elle symbolise toutes nos haines ; tous nos bas instincts ; nos manques d’amour chroniques et nos envies de vengeance. Oui, cette croix, elle nous rappelle dans un premier temps l’amour passionné de Dieu pour l’homme qui le lui rend si peu qu’il essaie même de l’anéantir. Mais c’est vrai que l’homme a toujours rêvé de prendre la place de Dieu ; d’être lui-même son propre petit dieu.
Cette croix nous rappelle alors l’amour fou de Dieu en ce que Dieu s’est effacé ce vendredi-là : les ténèbres qui ont recouvert la terre, le voile du temple qui s’est déchiré, c’est le silence de Dieu devant l’horreur ; c’est Dieu qui s’est retiré de la terre pour quelques instants. La réaction d’un dieu de nos imaginations aurait été certainement la destruction de l’humanité : méritait-elle autre chose ?
Jusqu’au 3e jour, la terre sera comme les vies qui n’ont pas reçu Dieu : sans espérance, sans avenir ; sans joie, sans paix.
Pâques sera la plus folle preuve que Dieu veut continuer tout de même, malgré la croix, avec la croix, l’aventure avec nous, avec force, puissance et amour.
Sommes-nous conscients de la force de puissance de pardon à la croix ?
Nos vies sont parfois emplies de culpabilité : l’échec d’un mariage ; des enfants qui ne fréquentent pas l’Église ; nos parents de qui l’on ne prend pas assez soin ;
nos ratés, nos conflits, nos jugements…
Le Dieu de la croix annonce sur nos vies le pardon, qui est étymologiquement le plus grand de tous les dons.
Au moment où le Christ sera le plus rabaissé, Il sera élevé sur la croix portant tout ce qui nous pèse, tout ce qui nous paralyse pour avancer, tout ce qui nous freine pour vivre en harmonie avec Dieu et avec les autres.
Au moment où tous le penseront le plus rabaissé au tombeau, le Christ sera élevé par la résurrection pour nous ressusciter de tout ce qui nous empêche de vivre pleinement selon le plan de Dieu.
Mais cette croix, nous la reproduisons chaque jour.
Réfléchissons à nos attitudes ; à nos comportements de chaque jour ; remémorons-nous les paroles acerbes que nous prononçons ou nos jugements hâtifs…arrêtons-nous un instant à nos égoïsmes. En ne nous mettant pas à l’œuvre ensemble, quelle que soit notre dénomination, et en nous prenant pour des supermarchés concurrents, nous le crucifions.
A chaque vendredi-saint où notre vie en est au même point que l’année d’avant, à végéter dans la seule satisfaction de son égocentrisme étouffant, nous le crucifions, personnellement.
Il est alors peut-être grand temps pour nous de prendre conscience que nos vies sur terre ne sont pas là pour le crucifier en permanence.
Nos vies sur terre sont chacune accompagnées de ce message d’amour unique de Dieu : je t’aime ; et je t’envoie pour changer le monde ; ta vie alors aura un sens ; toi qui n’es que goutte d’eau, accompagné de mon amour, tu deviendras avec tous les autres de bonne volonté rivière et même fleuve.
« Que chacun de vous au lieu de considérer ses propres intérêts, considère aussi ceux des autres » écrit Paul.
Je ressens comme une question pressante et un défi pour nous, chrétiens de dire, comme nous l’encourage Paul, NON à l’injustice et oui à l’amour et à la compassion.
Mais pour exprimer ce NON il faut d’abord nous rendre conscients de ce qui est insupportable. La croix est insupportable ! Imaginons-nous réellement ce que le Christ a vécu ? Ses hurlements vers le Père « Pourquoi ? »
N’avons-nous pas, aujourd’hui, banalisé le mal sous toutes ses formes ? Tant qu’il ne nous atteint pas personnellement, nous ne nous scandalisons plus que des gens soient victimes de la torture, de la faim, de la précarité,...Nous nous laissons manipuler par des politiciens qui montrent du doigt des bouc-émissaires...Et s’il le faut nous crions « A mort »...
La folie de la croix nous invite au risque. Au risque de comprendre que Dieu veut le meilleur pour l’humanité ; veut la réconciliation ; avec Lui, entre humains, avec toute sa création.
Comment nous positionnons-nous par rapport à cet appel à être acteurs, comme nous y exhorte le Christ, et à sa suite Paul ?
Nous nous sentons peut-être désarmés, mais en relation avec le Seigneur, nous recevons de la force pour aimer, pour veiller à la dignité humaine, pour dire "Oui !" aux impulsions qui contribuent à préserver la création.
Oui, cette croix nous invite à tourner notre amour vers ceux qui souffrent de mépris ou de rejet.
La croix, le summum de l’horreur, nous ouvre au tombeau vide, à la résurrection, à la folie de Dieu. A chacun, chacune de nous de devenir miroirs de cette folie, en espérant contre toute espérance, en ouvrant comme une petite goutte d’eau, et en demandant à Dieu de nous aider à arrêter de le crucifier par nos mots, nos jugements, et nos manques d’amour.
Amen


