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Une vie en plénitude - tous invités à la sainteté - par le Padre (...)

UNE VIE EN PLENITUDE !

Sur la lettre du pape sur la sainteté

Qui ne rêve d’une vie bien riche, bien remplie, heureuse et source de plénitude ? Certainement, nous sommes tous à la recherche de l’épanouissement personnel qui passe par une quête de soi-même apportant la sérénité et la liberté intérieure.

Quelle que soit la philosophie de notre vie, le point commun de nos existences est donc flagrant : nous ne sommes pas faits pour la tiédeur car nous aspirons, visiblement ou secrètement, à nous élever pour nous réaliser afin de faire de notre vie quelque chose de beau, de bon et de vrai.

« Devenir soi-même » Saint Augustin

En ce printemps, le pape François pose sa pierre à l’édifice humain pour aider chacun à devenir soi-même, histoire de ne pas faire mentir l’adage de Socrate christianisé par saint Augustin à l’aube du IVème siècle « Deviens ce que tu es ». Le pape publie, pour nous, cette lettre apostolique sur la joie et l’allégresse qui s’intitule « Gaudete et Exsultate » (Soyez dans la joie et l’allégresse). Bien sûr, en tant que Chef de l’Eglise catholique, il s’adresse en priorité à elle, puisque, pour lui, il est clair qu’en premier, « la plénitude de la vie chrétienne s’adresse à tous ceux qui croient au Christ » (Concile Vatican II, Lumen Gentium 40) mais, à travers elle et le témoignage missionnaire qu’elle ne doit jamais cesser d’apporter au monde, le Saint-Père s’adresse à toute l’humanité faisant preuve de bonne volonté, c’est-à-dire, à n’en pas douter, chacun d’entre nous, chrétien ou non, car « le Seigneur n’attend pas de nous une existence médiocre » souligne-t-il en introduction (G et E 1).

Un appel pour chacun

La finalité de cette longue lettre est de mettre en évidence la possibilité que nous avons en nous-même d’être des « saints ». Je reconnais que ce mot est complètement étranger à la sphère païenne de notre monde qui ne voit en ce concept qu’une définition religieuse. Peut-être faudrait-il parler de « doux et humble de cœur », sans doute plus compréhensible, comme le fait par ailleurs Jésus. Cependant, le pape étant fondamentalement missionnaire dans l’âme, le terme de « saint », il est vrai prioritairement destiné aux chrétiens, n’est là que pour rappeler aux chrétiens qu’ils doivent être « le sel de la terre et la lumière du monde » par la grâce de Jésus, la seule et véritable lumière qui détruit les ténèbres. C’est en ce sens que le pape argentin précise que « tous ceux qui croient au Christ, quelles que soient leurs conditions (religieux, marié, célibataire…) sont appelés par Dieu, chacun dans sa route, à une sainteté dont la perfection est celle même du Père » (G et E 7).

Il ne s’agit pas, pour le pape qui emploie à son habitude un langage simple et direct, de considérer que la sainteté s’acquiert par le fait de mettre en œuvre des choses extraordinaires ou bien encore de comptabiliser la quantité des données et des connaissances accumulées (cf G et E 40), mais d’affirmer qu’elle se déploie dans le cœur de ceux qui font confiance à un autre, en l’occurrence à Jésus, qui est le véritable maître de la sainteté lorsqu’il déclame à la foule les béatitudes qui « vont à contre-courant de ce qui se fait dans la société » (G et E 63). Rappelons que cet enseignement de Jésus, qui n’est pas réservé exclusivement à ses disciples puisqu’il s’adresse à « la foule », commence par « Heureux les pauvres de cœur, le Royaume des cieux est à eux ». Concrètement la sainteté chrétienne ne consiste à rien d’autre qu’a « posséder ce Royaume des cieux » par la grâce et le bon vouloir de Dieu lui-même qui en reste le seul maître tout en acceptant de le partager avec ceux qui le « veulent ». Effectivement, « c’est seulement à partir du don de Dieu, librement accueilli et humblement reçu, que nous pouvons coopérer par nos efforts à nous laisser transformer de plus en plus » (G et E 56).

Saint ensemble et pour les autres

Cette transformation humaine à laquelle le pape nous invite, et même nous convoque, prend corps en chacun lorsqu’une communauté existe pour cet épanouissement. Comme on n’est pas chrétien tout seul, on ne peut être saint en s’isolant du monde et en recentrant ses vaines forces sur soi-même et pour soi-même. Cette sainteté « quotidienne » se vit en mettant en œuvre les paroles de Jésus qui veut que nous soyons heureux en artisans de paix, en consolateurs des affligés, en pourfendeurs de l’injustice, en multiplicateurs de miséricorde même si pour cela – et à cause de Celui qui nous demande d’être ainsi à son image - nous devons être rejetés, persécutés et mal-aimés. On le voit, une telle sainteté n’est en rien naïve ni même facile. Assurément, elle est utile et même nécessaire à la bonne marche du monde qui est toujours en lutte contre les tentations de l’avoir pour soi au lieu de l’être pour les autres. Et c’est cette sainteté qui met du soleil dans la nuit et qui rend heureux même celui qui connaît la souffrance qu’il regarde alors comme un mal toujours moins grand qu’il n’y parait, parce qu’il sait qu’elle est aussi portée par Dieu lui-même.

Voilà pourquoi, en effet, la sainteté est le moyen que privilégie le pape François pour vivre heureux en ce monde car, dit-il en puisant dans l’œuvre de l’écrivain mystique français Léon Bloy [2] : « il y a une seule tristesse dans la vie, celle de ne pas être des saints ».

Bienvenue à Marc

La sainteté commence à tout âge et il n’y a pas d’âge pour la commencer. On peut découvrir son appel à tout moment de son existence et lui donner corps dans le monde à tout instant. La photographie de ce « mot du padre » monte, justement, l’un d’entre nous, l’adjudant Marc, qui a perçu cet appel et lui a donné corps en Eglise en demandant le baptême. On voit ici, lors de la messe du baptême de la promotion « ADC Lame », l’évêque aux Armées, Mgr de Romanet, procéder à « l’appel décisif » signifiant que Marc est prêt à recevoir le baptême et à vivre des béatitudes du Christ. Marc sera baptisé à Lourdes le samedi 19 mai, lors du prochain pèlerinage militaire international avec près d’une petite centaine d’autres militaires qui ont fait la même démarche que lui, ressentant eux aussi cet appel vibrant à la sainteté joyeuse pour un monde qui en a bien besoin.

Père Jean-Yves DUCOURNEAU

 

Notes

[1Léon Bloy (1846-1917) : Romancier converti au christianisme à 20 ans, il mettait en avant la virulence du Christ en étant sévère contre les bien-pensants qu’il jugeait trop tièdes et contre le conservatisme du Vatican, mais aussi le matérialisme et même la démocratie. Ses œuvres (Propos d’un entrepreneur de démolitions, Le désespéré, la femme pauvre) et son Journal témoignent de sa quête poétique et religieuse inachevée « il n’y a qu’une tristesse, c’est de ne pas être des saints ».

[2Léon Bloy (1846-1917) : Romancier converti au christianisme à 20 ans, il mettait en avant la virulence du Christ en étant sévère contre les bien-pensants qu’il jugeait trop tièdes et contre le conservatisme du Vatican, mais aussi le matérialisme et même la démocratie. Ses œuvres (Propos d’un entrepreneur de démolitions, Le désespéré, la femme pauvre) et son Journal témoignent de sa quête poétique et religieuse inachevée « il n’y a qu’une tristesse, c’est de ne pas être des saints ».