Un conte de Noël

Il y a aussi de la place pour l’insecte, il n’y a pas que l’âne et le boeuf dans l’étable près de Jésus.

Une petite moniale se promenait sur un chemin vers Compostelle, lorsqu’elle entendit une voix :

  • - Hé ! Regarde où tu marches.
  • Elle se pencha et aperçut un insecte près de son pied, dans la poussière.
  • - Excuse-moi, dit-elle, je ne t’avais pas vu.
  • - Je sais, dit l’insecte. Tu m’emmènes ?

    -* Et, sans attendre la réponse, il grimpa sur la sandale d’Estelle, qui se remit en route. Vers midi, la lumière devint aveuglante. Estelle marchait les yeux fermés, lorsqu’elle entendit une grosse voix :

  • - Hé ! Regarde où tu marches.
  • Cette fois, elle leva la tête et vit une montagne devant elle.
  • - Est-ce que je t’ai blessée ? demanda Estelle.
  • - Moi ? fit la montagne d’un ton moqueur. Tu es bien trop petite.
  • - Pourtant, je suis plus grande que toi.
  • - Laisse-moi rire. Si tu me prouves que c’est vrai, je te laisse passer.
  • Sinon je t’écrabouille.
  • Et pour montrer qu’elle ne rigolait pas, la montagne détacha une pierre et la fit rouler jusqu’aux pieds de la pélerine. Ce fut le signal de départ. Estelle s’élança comme une flèche et grimpa de rocher en rocher. En moins de trois minutes, elle arrivait tout en sueur au sommet.
  • - Tu vois, dit-elle, je suis plus grande que toi. J’ai gagné.
  • La montagne ne répondit pas.
  • Mais la pèlerine sentit quelque chose sur le sommet de son crâne.
  • - Non, c’est moi, dit l’insecte. J’ai gagné !
  • - Ah oui, admit notre pèlerine de Compostelle en souriant. Tu as raison. »

En ce temps de Noël, Dieu n’est pas venu pour rencontrer les montagnes mais ceux qui se lancent à l’aventure, celles et ceux qui n’ont pas peur de l’effort.

Il couvre de son amour chacun : êtres humains, animaux et minéraux.

de Thérèse Ismaël Verdejo, maison de Sophonie, Bagnols 69