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Serre moi bien la main, ne me lâche pas, soit mon guide.

Avoir la foi, c’est faire un choix qui est exigeant, j’ai envie de dire que c’est demander à l’homme de construire sa vie sur des fondations inébranlables, c’est pour le croyant d’interpeller Dieu chaque matin et lui demander d’être à nos côtés pour la journée en lui disant : « Serre moi bien la main, ne me lâche pas, soit mon guide. » De génération en génération, les questions du mal et du péché et de la souffrance qui en découle nous taraudent : d’où nous viennent-ils, pourquoi, jusqu’à quand en serons-nous victimes ? Est-il possible d’en être délivrés et comment ? A l’aide d’images, le récit de la Genèse tente de décrypter les rouages qui conduisent les êtres humains à douter de la bonté de Dieu et à s’écarter de lui. Mais dès lors que l’individu se laisser abuser, les choses s’enchainent et toutes les relations s’en trouvent altérées. Il faut retenir de ce passage de la Genèse que son point fort est d’affirmer que nous ne sommes pas définitivement enfermés dans ce scénario. Ne doutons pas que Dieu nous donne ce salut par le Christ vainqueur du mal et de la mort.

Pendant sa vie publique, le Christ n’a pas cessé d’annoncer qu’il était venu pour sauver le monde. Dieu a fait l’homme à son image, par le baptême, il devient son enfant et un frère pour Jésus Christ. Nous avons beaucoup de prix aux yeux de Dieu, peut-être n’en prenons nous pas pleinement conscience, pourtant nous le chantons : « Tout homme est une histoire sacrée, l’homme est à l’image de Dieu. » Bien sûr, il y a eu le dérapage d’Adam et Eve mais Dieu n’a pas rejeté son semblable. La porte de sa maison demeure toujours ouverte. Le Christ est toujours disponible, à nous de revenir vers Lui. Si Satan nous fait chuter, avec la réconciliation, il n’est pas vainqueur. Dans l’évangile de St Jean au chapitre 8, verset 44, Jésus n’y va pas avec le dos de la cuillère en s’adressant aux juifs lorsqu’il affirme au sujet du diable : « Votre père à vous est le diable et vous voulez accomplir les désirs de votre père. C’était un tueur depuis le commencement, établi hors de la vérité, car sans vérité en lui, parlant faux, selon sa nature qui est le mensonge, et du mensonge il est le père » Sœurs et frères, arrivons nous bien à mesurer quelle est la grande miséricorde de Dieu vis-à-vis de l’homme, Jésus au cours de sa vie publique l’a montrée en guérissant de nombreux malades et en ressuscitant des morts, en mettant en œuvre des paroles de paix, de justice, de pardon, en fait tout acte permettant à l’homme de suivre le bon chemin. La parole de Dieu est toujours d’actualité, certes, des morts ne retrouvent plus la vie et d’ailleurs, ce n’était pas avec le corps glorieux, identique à celui que Dieu avait revêtu Jésus à sa sortie du sépulcre et que Marie-Madeleine ne reconnaissait pas, que Lazare, la fille de Jaïre, le fils unique de la veuve de Naïm et d’autres ont été ramenés à la vie. Je crois que le but de Dieu pour Jésus sous cette apparence était destiné, comme pour les compagnons d’Emmaüs à montrer que l’homme est promis à l’éternité mais il ne doit pas rester inerte et son paradis, il devra le gagner à la sueur de son front. Il serait sans doute temps que notre monde prenne conscience que s’il est vrai que Jésus a été un homme il est aussi le Fils de Dieu et cela, notre humanité semble ne plus y prêter trop d’intérêt, pourtant le psaume ne nous dit-il pas : « Oui, près du Seigneur est l’amour ; près de lui, abonde le rachat »

Oui, le Christ est un homme et nous le chantons dans une demande de pardon, « Jésus homme au milieu des hommes » certes, mais en ayant Dieu pour Père il est tout autre et des situations l’illustrent bien. Souvenons-nous que lors de la Passion, le démon avait inspiré Judas, comme il s’était « emparé » des différents membres devant lesquels Jésus avait comparu et même Pierre qui l’a renié. Pourtant, cette Passion comporte du positif, dès l’expiration de Jésus, le rideau du temple se déchire en deux, la terre tremble et les rochers se fendent, puis ce qui est important, c’est la réaction du centurion qui déclare : « Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu » alors que quelques instants auparavant la foule l’haranguait ainsi : « Il en a sauvé d’autres, qu’il se sauve lui-même et descende de la croix alors nous croirons » et puis en 1431 à Rouen, les Anglais, après avoir livré Jeanne d’Arc au bûcher s’exprimerons ainsi : « Nous sommes perdus, nous avons brulé une sainte. » Heureusement, il y a des conversions moins violentes.

Chers sœurs et frères, les catéchètes s’emploient avec confiance à faire découvrir aux enfants ce Dieu qui n’est qu’amour, ce n’est pas toujours évident ; heureusement, nous ne doutons pas que l’Es-prit-Saint est à l’œuvre.

Le démon, inlassablement nous titille. Je ne sais pas s’il faut dire que la vie est un combat, une lutte mais sans doute, parfois, devons-nous nous tenir sur nos gardes, en tout cas, il nous faut rester des veilleurs.

En conclusion, chers amis, je ne voudrais pas vous effrayer, « Mais nous sommes tous pécheurs… mais pécheurs déjà pardonnés… » Alors la seule question à se poser ne serait-elle pas celle-ci : « Est-ce que j’accueille le pardon de Dieu ? …est ce que je blasphème contre l’Esprit Saint ? …est ce que je me moque de cet amour gratuit de Dieu »

Amen

André LÉAU, diacre
10 juin 2018, 10ème dimanche du temps ordinaire, année « B » Marc