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  • Homélie du P. Jean-Luc VOILLOT le jour de Noël 2025 en l’église St-Hilaire

    Homélie du P. Jean-Luc VOILLOT le jour de Noël 2025 en l’église St-Hilaire

    Noël, pour nous frères et sœurs, c’est ce moment intense et chaleureux, humble et solennel, intime et universel transmis par l’Évangile selon saint Luc, que l’Église nous a donné de méditer lors de la messe de cette nuit.

    Noël, pour nous, c’est la crèche et les sapins et tant d’autres décorations lumineuses et bariolées qui ornent nos maisons et les rues de nos villes.
    Il n’en a pas toujours été ainsi !

    La Nativité du Seigneur, n’a pu être célébrée qu’à partir de « l’édit de Milan », en 313, où l’empereur Constantin inscrivait la religion chrétienne parmi les autres religions de l’Empire romano-byzantin.
    Jusqu’à cette date, c’est dans la clandestinité que les chrétiens se réunissaient « le jour du Seigneur », le dimanche, pour célébrer le Christ ressuscité !
    L’Église enfin libre pouvait établir un calendrier de fêtes qui célèbrent toutes les étapes de la vie du Christ. Noël fut des premières !
    On choisit le jour du solstice d’hiver, le jour où le soleil prend de plus en plus de place et illumine de plus en plus de sa clarté ! Beau symbole pour évoquer le Christ : « Soleil levant, lumière d’en haut qui dissipe les ténèbres et l’ombre de la mort pour conduire nos pas au chemin de la paix ! ».
    En Terre Sainte, Constantin fait ériger à Bethléem une basilique au dessus de la grotte présumée où Jésus est né, adoré par les bergers puis les mages.
    Pourtant, il faudra encore attendre longtemps avant de représenter le mystère de la Nativité du Sauveur sous la forme d’une crèche !
    C’est dans la nuit du 24 au 25 décembre 1223, à Greccio, que saint François d’Assise, réalise la première crèche vivante. Elle eut un tel succès qu’elle devint rapidement une coutume dans l’ensemble de la chrétienté occidentale !
    Elle est tellement bien implantée qu’elle devient sujet de polémique dans la France laïque du 21e siècle ! Ces refus traduisent à nos yeux, l’importance que la société laïque place en ce symbole !
    Mes frères et sœurs, pourtant ce matin, ce n’est pas le récit de la crèche que nous venons d’entendre. L’Évangile selon saint Jean ne parle même pas de la crèche ! C’est une méditation approfondie sur le mystère de l’ « Incarnation de Dieu ». Ce prologue énumère le vocabulaire de l’incarnation. « Le Verbe c’est fait chair et il a planté sa tente parmi nous. »
    Ne nous y trompons pas, c’est cet Évangile, ce prologue du quatrième Évangile, qui, lu et relu, a inspiré les pères du Concile de Nicée de 325, dont nous célébrons le 1 700ème anniversaire cette année.
    Au moment même où l’arianisme niait la divinité de Jésus le Christ. C’est dans ce prologue de Jean qu’ils trouvèrent les expressions pour définir la vraie foi, dans laquelle nous avons été plongée et qui sert de fondement à notre foi dans le Christ en communion avec l’ensemble du peuple chrétien.
    Notre grand évêque Hilaire de Poitiers, raconte son cheminement vers le baptême dans son « De Trinitate ». Ayant cherché son idéal, dans la philosophie, puis dans l’Ancien Testament, c’est la méditation du Prologue de saint Jean qui illumine son intelligence et le conduit à demander baptême ! On comprend d’où il puise sa contribution à la lutte contre l’arianisme !
    Célébrer Noël, au-delà d’aspects affectifs et émotionnels, c’est affirmer que Dieu a épousé notre chair ! Jésus, Dieu-fait-chair a vécu notre humanité avec ses joies, ses peines et ses épreuves.
    Jésus le Christ n’a pas voulu faire semblant d’être un homme. Il a embrassé entièrement notre humanité, assumant toutes ses étapes : Il est né comme chacun de nous, il n’a pas toujours été bien accueilli, il a été trahi et abandonné, il a souffert comme nous, et il est mort. C’est en ressuscitant qu’il offre à l’homme une nouvelle destinée.
    Noël, c’est cette distance abolie entre le « Dieu transcendant », (au dessus de tout) et Jésus ce petit enfant qui se fait l’un de nous. Pour l’homme c’est une réalité impensable, inimaginable. Il a fallu cinq conciles œcuméniques pour éteindre les querelles théologiques autour du mystère de l’Incarnation. Seule la foi nous permet d’accéder à ce dogme du « Dieu fait homme ». Nous-même posons notre foi sur celle de tous ceux qui, avant nous, ont cru à ce mystère de « Jésus, Dieu fait homme » souvent au péril de leur vie. C’est cette foi que les chrétiens affirment en célébrant Noël ! C’est de cette foi que nous vivons et dont nous témoignons.
    Dieu nous aime tant qu’il se fait notre intime. Il devient l’un de nous pour partager toute notre vie et lui donner un sens nouveau, « il devient tellement l’un de nous que nous devenons éternel… » chante une de nos préfaces de Noël.
    Oui, nous participons de sa gloire. « Tous, nous avons eu part à sa plénitude » (Jn. 1,16)
    On ne peut comprendre Noël qu’avec le cœur !
    « C’est Noël sur la terre, chaque jour, Car Noël, ô mon frère, c’est l’amour ! » chantait Odette Vercruysse !

    Frères et sœurs, soyons témoins de cette foi de Noël, en Jésus le Christ Dieu est devenu homme pour donner à notre humanité une dignité nouvelle !
    Noël, c’est l’amour passionné de Dieu pour l’homme qui se manifeste à nous et en nous.
    Amen

    P.Jean-Luc VOILLOT