Méditation de l’Évangile selon St Jean (Évangile du Vendredi Saint : Jn. 18,1-19,42)
Méditation de l’Évangile selon St Jean (Évangile du Vendredi Saint : Jn. 18,1-19,42)
Seigneur, qu’il est rude et semé d’embûches ce chemin de l’amour qu’aujourd’hui tu empruntes. Nous voulons l’emprunter avec toi : « enseigne-nous tes chemins »
_ « Pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime »
Judas que tu avais appelé, qui t’avait suivi et écouté sur les routes de Galilée et de Judée, arrive à la tête de ceux qui sont venus t’arrêter. C’est si dur de perdre ainsi un ami. Tu perds un ami et un frère, il a trahi ton amour !
Tu vas affronter par ta parole ceux-là même qui munis de leurs armes semblent désarmés : « qui cherchez-vous ? » ; L’épée de Pierre, si elle coupe une oreille au passage, est bien dérisoire devant une troupe armée !
Tu l’interpelles, tu nous interpelles : « Est-ce que je vais refuser la coupe que j’ai à boire ? »
Alors ils se saisissent de toi et te couvrent de chaînes…
Tu devras passer devant deux tribunaux :
• Un tribunal religieux, celui du Sanhédrin, qui te condamne à cause de blasphème « Il vaut mieux qu’un seul homme meurt pour tout le peuple … pour réunir les enfants de Dieu dispersés »
• Un tribunal civil, celui de Pilate, le païen, qui s’incline aux exigences de la foule, et qui exécutera la sentence de mort réclamée.
Même les témoins font défaut.
Même Pierre, le roc, (sur cette Pierre je bâtirai mon Église) à trois reprises refuse de reconnaître qu’il est ton disciple. Quel abandon crucifiant de la part d’un ami de toujours. Pierre refuse le risque de la mort alors qu’il avait affirmé « Je donnerai ma vie pour toi »
« Pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime »
Chez Pilate, ce fonctionnaire romain, les questions fusent : « Es-tu le Roi des Juifs ? » Mais tes réponses renvoient cet homme de pouvoir à lui-même : « Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi, si tu ne l’avais reçu d’en haut », et toi Jésus tu donnes une réponse sans appel « Ma royauté n’est pas de ce monde ! » Tu laisses désormais Pilate dans le doute : « Qu’est-ce-que la vérité ? »
Toi Jésus, flagellé, humilié par les soldats, tu deviens sous leurs mains, Roi de dérision : une couronne d’épines, un manteau de pourpre…
Rien n’arrête une foule rageuse : ils réclament ta mort et la grâce d’un criminel, Barrabas (en Araméen : Bar=fils Abba=père : « fils du père »). C’est un échange, le criminel « fils du père » est libéré à ta place, toi le « Fils du Père éternel » ! Pourtant Dieu, avait substitué un bélier au fils unique d’Abraham, afin de préserver ce fils du « père des croyants » !
Alors Jésus… Pilate te livra pour que tu sois crucifié.
« Pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime »
Chargé de la croix, que tu es seul à porter, tu montes au Golgotha sous les huées de la foule. Crucifié avec deux autres condamnés, de chaque côté, Tu es au milieu. Tu règnes sur un trône inattendu… ceux qui réclamaient d’être à ta droite et ta gauche, Jacques et Jean, reçoivent enfin la réponse à ce qu’ils ont ressenti comme une énigme : « Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, ce n’est pas à moi à l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé. » (Mc 10,40)
« Pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime »
Jésus, ta condamnation est gravée sur un Écriteau : « Jésus le Nazaréen, Roi des juifs » rédigée en hébreu – en latin et en grec pour que tous puissent la lire !
Aux revendications des grands prêtres, Pilate répond avec fermeté par cette sentence : « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit » reconnaissant le caractère indélébile de l’écriture, donnant à son écriture un statut d’autorité !
Ils prirent tes habits en firent 4 parts et tirèrent au sort ta tunique sans couture. Tu as tout donné, c’est nu, dépouillé de tout, abandonné de tous que tu es exécuté. Pourtant tu ne te contentes pas de ce dépouillement physique, tu veux encore donner ce que tu as de plus précieux. Devant le petit reste de ceux qui sont demeurés fidèles jusqu’au bout, Marie, ta mère, Marie, femme de Cléophas et Marie Madeleine (Les 3 Maries) et le disciple que Tu aimais, tu accomplis encore une offrande, tu laisses l’héritage, ton héritage : Tu dis à ta mère : « Femme, voici ton Fils »
Et tu dis au disciple : « Fils, voici ta mère ».
« Pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime »
Alors que la mort commence à t’envahir tu t’écries : « J’ai soif » L’éponge imbibée de vinaigre tendue au bout d’un roseau n’apaise pas cette soif… car c’est d’amour dont tu as soif !
« Tout est accompli » tu as obéi, tu as rempli ta mission, obéissant jusqu’à la mort
– « Inclinant la tête, il remit l’esprit » !
Tu as librement donné ta vie !
_ « Pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime »
Comme l’« Agneau de la Pâque aucun de tes os n’est brisé ». Mais un coup de lance ravit de ton corps les deux dernières gouttes de ta vie : le sang et l’eau !
« Ils lèveront les yeux vers celui qui est transpercé » …
« Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes » …
Tu n’emportes rien de nous, tu nous donnes tout, sans rien attendre en retour, tu as tout donné. Tu t’es donné tout entier ! Vraiment tout est accompli !
_« Pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime »
Joseph d’Arimathie et Nicodème obtiennent de Pilate le droit de t’ensevelir, ils embaument ton corps et le déposent dans un tombeau neuf, où personne n’a été déposé avant toi, on roule la pierre, le repos du Sabbat commence ! Tu te reposes de l’œuvre accomplie.
« Pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime »
Jésus ne nous permet pas d’abandonner l’espérance !
Nous attendons que tu t’éveilles !
Tu nous donnes rendez-vous au matin de Pâque !
P. Jean-Luc VOILLOT


