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  • L’évangéliste Markos (en français Marc) fait partie de la communauté chrétienne de Jérusalem. Son nom, en fait, est Jean Marc : Jean (Yohanan) est un nom d’origine hébraïque et Marc (Markos) est un nom d’origine grecque. Il en est ainsi pour Simon Pierre ; ce qui montre l’importance de la culture grecque dans la province romaine de Judée au 1er siècle.

    Sa mère s’appelle Marie. Le Cénacle où Jésus célébra la première eucharistie est une maison appartenant à la famille de Marie et de son fils Marc. Il s’agit en fait d’une famille assez aisée, vu l’ampleur du bâtiment. Cette maison est toujours vénérée de nos jours ; elle est située sur le Mont Sion (un quartier de Jérusalem).
    C’est dans cette maison que se réfugia Pierre après son arrestation à Jérusalem (Actes 12, 12)

    Marc est le jeune homme d’une vingtaine d’années, présent au jardin de Gethsémani qui, lors de l’arrestation de Jésus, échappe aux gardes en abandonnant son vêtement (Marc 14, 51-52).
    Marc est aussi le mystérieux jeune homme à la cruche d’eau qui, au soir du Jeudi Saint, conduit les disciples discrètement au Cénacle pour célébrer l’Eucharistie ; c’est-à-dire en fait chez lui.

    Marc apparaît surtout dans les Actes des Apôtres au chapitre 13 ; il participe au premier voyage de Paul. Il part donc avec Paul et son cousin Barnabé, en commençant par Chypre d’où est originaire la famille de Barnabé et de Marc. Sans doute, en mésentente avec Paul sur l’ouverture faite aux païens, Marc, un peu tendre, abandonne Paul et Barnabé en Pamphylie et retourne auprès de sa mère à Jérusalem.

    Dans les années 60, Marc rejoint Paul qui est en captivité à Rome. Paul et Marc se réconcilient (Colossiens 4, 10). A Rome, il fait la connaissance de Pierre.
    Dans I Pierre 5, 13, Pierre signale qu’il a auprès de lui « Marc, son fils ». C’est là, à Rome qu’il écrit son évangile auprès de Pierre ; l’évangile de Marc, c’est la prédication de l’apôtre Pierre.

    L’iconographie représente Saint Marc tenant un livre dans ses mains pour évoquer le fait qu’il est l’auteur d’un évangile. Les artistes ont souvent représenté Saint Marc avec un lion à ses côtés ; le lion serait « la voix qui crie dans le désert », allusion au début de la narration de Marc.

    Une tradition nous fait rencontrer Marc en Egypte ; il aurait exercé un ministère à Alexandrie : ce qui explique la tradition qui suit. En effet une autre tradition, plus insolite, nous raconte que les Vénitiens, en 827, auraient ramené les reliques de Saint Marc à Venise, dans un récipient sur lequel était écrit « chou et viande de porc », pour éviter qu’il soit contrôlé et ouvert par les musulmans. Ce kidnapping nous a valu la magnifique cathédrale Saint Marc de Venise.

    Marc est donc l’auteur d’un évangile.

    « Commencement de la Bonne Nouvelle de Jésus Christ Fils de Dieu ». Le premier mot de l’évangile de Marc est le même premier mot de la Bible : « Commencement ». Marc suggère que, par Jésus de Nazareth, le dessein de Dieu prend un nouveau départ ; une nouvelle création commence.

    L’évangile de Marc n’est pas un livre d’Histoire sur Yéshoua (Jésus) ; il n’y a pas de récit concernant l’enfance du Christ ; il fait commencer son récit en l’année 27 avec l’apparition de Jean Baptiste.
    L’évangile de Marc, c’est le message de Jésus : la Bonne Nouvelle révélée par les enseignements, les faits de vie, les signes réalisés par le prophète de Galilée.

    Papias, évêque de Hiérapolis, en Phrygie, et disciple de l’apôtre Jean, a écrit un livre qui s’intitule « Expositions des discours du Seigneur » ; dans ce livre écrit vers l’année 110, , il nous parle de Marc : « Marc, qui avait été interprète de Pierre, écrivit exactement, mais non en ordre, tout ce qu’il se rappelait des paroles et actions du Seigneur ; car il n’avait ni entendu, ni suivi le Seigneur (Marc n’a connu le Seigneur que le temps de la passion et de la résurrection) ; mais plus tard, comme je l’ai dit, il avait suivi Pierre. Celui-ci donnait des instructions suivant les besoins, mais sans faire une composition en ordre des oracles du Seigneur ».

    À la différence de Matthieu qui écrit pour les juifs, Marc écrit pour les païens, en particulier pour la communauté chrétienne de Rome : communauté de païens convertis.

    Marc est un merveilleux conteur.

    Dans un style très populaire, il donne des tas de détails : le chef de la synagogue s’appelle Jaïre – la petite fille ressuscitée par Jésus avait 12 ans . . .

    Il emploie des mots d’argot : la phrase « prends ton grabat et marche » pourrait se traduire par : « prends ton plumard et marche ».

    Sa phrase est souvent grammaticalement incorrecte (cf : 8, 24 récit de l’aveugle de Bethsaïde), mot à mot en grec « je vois les hommes, c’est comme si c’étaient des arbres que je les vois marchant ». Marc sait raconter les évènements. Il écrit au présent, ce qui rend sa narration vivante ; ses récits sont concrets, pas de grands discours comme Saint Jean : ce qui donne à son texte beaucoup d’authenticité, de véracité.
    L’évangéliste Marc, qui use du grec pour écrire son évangile, traduit le nom du Christ « Yéshoua » en Ιησούς (en français : Jésus).

    Marc brosse le portrait d’un Jésus très humain : ses écrits sont les enseignements de Pierre. Pierre était un familier de Jésus ; il l’a vu manger, sourire, prier. Marc décrit un Jésus fatigué, dormant dans la barque, Jésus à la pêche avec ses amis.

    Marc nous révèle le regard de Jésus :
    le regard de Jésus interrogateur, plein de miséricorde,
    le regard plein d’humour de Jésus face à des situations (dialogue de Jésus avec la Cananéenne (Marc 7, 24-30),
    mais aussi le regard sévère de Jésus qui se fâche dans le temple.

    Marc nous révèle :
    un Jésus heureux au milieu de ses disciples. Il en choisit douze « pour être avec lui » - Un Jésus chaleureux parfois.
    Jésus est un enseignant ; pour Pierre, il est le « Maître ». Vingt fois, Marc écrit : « Jésus enseignait la foule ».
    Jésus abandonné à la fin : les récits de Gethsémani – du reniement de Pierre. (C’était bien l’évangile de Pierre).

    Dans l’évangile de Marc Jésus est affirmé comme Fils de Dieu :

    « Commencement de l’évangile de Jésus Christ Fils de Dieu »

    Le centurion qui se tenait devant Lui, voyant qu’Il avait ainsi expiré, dit :

    « Vraiment cet homme était Fils de Dieu »

    Père Joseph GUILBAUD

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