Lettre aux femmes du matin de pâques

Le premier jour de la semaine, de grand matin, les femmes se rendirent au sépulcre,
portant les aromates qu’elles avaient préparés.
Elles trouvèrent la pierre roulée sur le côté du tombeau.
Elles entrèrent, mais ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus.
Elles ne savaient que penser,
lorsque deux hommes se présentèrent à elles, avec un vêtement éblouissant.
Saisies de crainte, elles baissaient le visage vers le sol. Ils leur dirent :
" Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? Il n’est pas ici, il est ressuscité.
Rappelez-vous ce qu’il vous a dit quand il était encore en Galilée :
’Il faut que le Fils de l’homme soit livré aux mains des pécheurs,
qu’il soit crucifié et que le troisième jour, il ressuscité.’ "
Alors elles se rappelèrent ses paroles.
Revenues du tombeau elles rapportèrent tout cela aux Onze et à tous les autres.
C’étaient Marie Madeleine, Jeanne et Marie mère de Jacques ;
les autres femmes qui les accompagnaient disaient la même chose aux Apôtres.
Mais ces propos leur semblèrent délirants, et il ne les croyait pas.
Pierre cependant courut au tombeau ; mais en se penchant, il ne vit que le linceul.
Il s’en retourna chez lui, tout étonné de ce qui était arrivé.
Luc 24, 1-13

En ce matin de printemps, lendemain de la Pâque, vous deviez être tristes et abattues !
Comme beaucoup, vous espériez que Jésus de Nazareth
allait restaurer la grandeur du peuple d’Israël.
Cette grandeur, il ne la mettait pas
entre les mains des puissants, des chefs, des scribes.
Il avait eu pour eux des mots très durs, qu’ils lui ont fait payer bien cher !
Au contraire, pour lui, la Bonne Nouvelle annoncée aux pauvres était le signe du Royaume.
Que voulait-il dire par là ?

Il avait dû vous étonner quand, à plusieurs reprises,
il vous avait annoncé ses souffrances et sa mort.
Pour vous, ce n’était pas possible ! le Messie ne pouvait subir un sort pareil !
Il parlait bien aussi de son relèvement, mais que voulait-il dire ?
Vous aviez oublié ses paroles, dans la joie de l’entrée triomphale à Jérusalem.
Par ailleurs, vous deviez être sensibles à l’attention qu’il vous portait, à vous les femmes.
Avec lui, il n’y en avait pas que pour les hommes !

A la fois remplies de tristesse et de reconnaissance, vous voilà donc parties pour accomplir votre tâche :
rendre un dernier hommage à cet homme que vous aimiez tant !
Vous étiez tournés vers le passé : les aromates pour conserver le corps (combien de temps ?),
la pierre du tombeau, point final à l’aventure (qui nous la roulera ?)

Surprise ! la pierre est roulée ! le corps n’est plus là ! inutiles les aromates !
Et ce message en forme de reproche
Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ?
L’aventure n’est donc pas finie ? L’avenir n’est donc plus bouché ?
Qu’en pensent les responsables du groupe des amis de Jésus ?
On ne vous prend pas au sérieux… Vous pensez : des femmes … elles ont perdu la tête !
Pierre, consciencieux, va vérifier… et revient chez lui tout étonné.
La foi viendra plus tard, quand il aura rencontré le Seigneur vivant.

Merci à vous, Marie Madeleine, Jeanne et Marie mère de Jacques !
Merci à vous les autres femmes anonymes d’hier et d’aujourd’hui !
Vous avez été, vous êtes toujours, les premiers témoins,
les premiers messagers de la Bonne Nouvelle.
Sans vous, qu’aurait été, que serait l’Eglise,
peuple des croyants au Christ, le Vivant, le Ressuscité ?

Joseph CHESSERON

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