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  • Le 12 juillet 1790, la constitution civile du clergé fut adoptée, instaurant l’élection des curés et des évêques et leurs appointements par l’État. Sur 130 évêques, 126 la refusèrent, ainsi qu’environ la moitié des prêtres (en proportion variable selon les provinces).

    La rupture entre les réfractaires et la Révolution fut consommée le 13 avril 1791 à la suite du bref du pape déclarant la constitution civile du clergé « hérétique et schismatique ». Le 27 mai 1792, un décret de l’assemblée législative ordonna la déportation des prêtres réfractaires.

    Dans ce contexte, la communauté des religieux des carmes déchaussés dut quitter son monastère qui fut auparavant pillé, notamment la bibliothèque. Le bâtiment fut immédiatement transformé en prison pour accueillir les « suspects », qui devinrent, pour une large part, les victimes des massacres de septembre 1792.

    191 ecclésiastiques dont trois évêques y furent exécutés dans des conditions particulièrement violentes, sous la conduite du commissaire Stanislas-Marie Maillard, exécuteur des ordres du Comité de surveillance.

    Du tribunal installé dans le couvent, il jugeait et condamnait un à un tous ceux qui se présentaient devant lui « à la force ». La porte s’ouvrait et dès que les religieux qui avaient refusé de prêter serment à la constitution civile du clergé en franchissaient le seuil, ils tombaient sous les piques ou les baïonnettes. Ce massacre dura toute la nuit.

    Postérité

    Ceux qui sont morts ce jour-là ont été appelés les « martyrs de Septembre » ou encore les « martyrs des Carmes ». Une plaque de marbre sur laquelle figurent les mots « Hic ceciderunt » (« Ici, ils périrent) » indique le lieu de leur martyre. Le 17 octobre 1926, le pape Pie XI béatifie les 191 « martyrs des Carmes ». Ils sont commémorés par l’Église catholique le 2 septembre dans le calendrier liturgique.
    Les ossements des prêtres ont été déposés dans une châsse en verre au couvent des Carmes, qui est devenu l’Institut catholique de Paris.

    JEAN GOIZET CURé DE NOTRE DAME DE NIORT ET SES DEUX VICAIRES PIERRE LANDRY ET JEAN PHILIPPE MARCHAND TUES LE 2 SEPTEMBRE 1792 ONT ETE DECLARES BIENHEUREUX EN 1926.