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Bilan sur « LES JEUDIS DE LA DIFFERENCE » À CHAURAY le 10 déc. (...)

« LES JEUDIS DE LA DIFFERENCE »

Jeudi 10 décembre s’est achevé dans la grande salle des fêtes de Chauray un cycle de formation de quatre soirées débuté le 22 octobre.
A chaque rencontre, entre 80 et 100 personnes se sont pressées, venues de la paroisse Saint Jean-Baptiste, La Crèche, mais aussi des paroisses environnantes, la majorité, de Niort toute proche mais aussi de Melle, Frontenay Rohan-Rohan, Saint-Maixent etc.

Au lendemain du Synode à Rome sur la vocation et la mission des familles, c’est la question de l’homosexualité qui a retenu notre attention. Comme l’année dernière à Bressuire et à Poitiers, c’est un chemin de conversion à la lumière de la miséricorde de Dieu qui a été parcouru.

Des parents et des grands-parents présents ont pu témoigner du bouleversement qu’a représenté dans leur vie de famille la découverte de l’homosexualité d’un de leurs enfants ou petits-enfants.
Une maman a pu dialoguer avec son fils gay devant une assemblée saisie d’émotion.
D’autres couples ont raconté leur histoire, confiant leurs souffrances, leurs doutes, et parfois leurs cris vis-à-vis de l’Eglise où ils se sont sentis longtemps jugés, abandonnés.

Entre les prises de parole, plusieurs intervenants ont éclairé et apaisé les débats.
Lorraine Content, membre de l’équipe diocésaine et psychothérapeute a expliqué les mécanismes de la peur qui nous saisissent face à la différence. Elle a donné des repères pour se libérer des préjugés qui empoisonnent les relations.
Claude Besson, auteur du livre « Homosexuels catholiques, sortir de l’impasse » (Ed. L’Atelier) a défriché la question, nous enrichissant de sa longue expérience d’accompagnement de personnes homosexuelles et de leur entourage à travers la France. Il nous a invités à la suite du Christ à quitter les jugements blessants pour reconnaître les personnes dans leur dignité et leur donner toute leur place.
En tablées, guidés par Françoise Roquet membre de « David et Jonathan », nous avons étudié un texte de soeur Véronique Margron répondant à la question : « « Une relation homosexuelle vécue dans la stabilité et la fidélité peut-elle être un chemin de sainteté ? » Ce texte montre en particulier que l’altérité ne se réduit pas à la différence sexuelle. Jusque dans un couple uni-sexué, l’autre reste autre, avec son histoire, son tempérament, sa culture, sa famille. Comme pour chacun de nous, c’est l’altérité qui structure toute relation.

A la dernière soirée, Isabelle Parmentier nous a donné de faire une longue traversée biblique, du Livre de l’Exode où Moïse reçoit la Loi, en passant par le Lévitique, jusqu’à Jésus et saint Paul.
Des repères indispensables pour ne pas faire d’anachronisme ni de confusion entre des notions extrêmement complexes. Les Évangiles n’évoquent jamais l’homosexualité, mais mettent en garde contre un mauvais usage de la sexualité.
De même qu’on ne peut servir deux maîtres, Dieu et l’argent, nous concluons qu’on ne peut non plus servir Dieu et la sexualité.
Tu ne te feras pas d’idole ! Ton Seigneur est l’unique.
Ainsi tout est remis à sa place.
L’appel à aimer peut être entendu d’une manière renouvelée et libératrice.
On ne choisit pas son orientation sexuelle.
Si pour les chrétiens, le mariage ne concerne que l’union d’un homme et d’une femme, la personne homosexuelle a son propre chemin de vie à tracer.
Elle peut vivre son homosexualité dans le péché ou… dans la grâce.
De même qu’un couple marié peut vivre dans le péché ou dans la grâce.

Autour d’un verre de l’amitié prolongé jusque tard dans la nuit, de nombreux mercis se sont exprimés.

Merci au Père Jérôme de la Roulière et à son équipe de nous avoir ouvert les portes,
merci au Père Auguste Sambou et au Père Gaby Biagioni de Melle d’avoir accompagné des chrétiens sensibles à leur présence de pasteurs.
Merci à la municipalité de Chauray qui nous a gracieusement offert la salle des fêtes municipale pour ces quatre soirées inoubliables.

Et maintenant ?

Il faut continuer à faire de nos cités et de nos communautés chrétiennes des lieux accueillants, respectueux de toutes les différences. À nous de faire résonner l’exigence aimante de l’Évangile :
« Aime ton Dieu de toute ta force et ton prochain comme toi-même ! »

Isabelle Parmentier

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