L’Eglise Saint-Germain de MAGNE

Entre Sèvre et Sevreau…
 
… Magné, ile à la porte du marais, apparaît dans les textes au 10ème siècle sous le nom de Villa Magna. De multiples découvertes attestent la richesse de son environnement antique.
 
Magné appartenait autrefois au diocèse de Saintes et entrera dans celui de Poitiers à la Révolution. Son église est dédiée à Saint Germain d’Auxerre.
 
Germain d’Auxerre, de 418 à 448, a fondé au siège de son diocèse l’abbaye qui porte son nom.
Le culte de saint Germain s’est largement répandu. Sainte Clotilde sollicite près de son tombeau la conversion de son époux, le roi Clovis.
La paroisse où s’éleva le Louvre était dédiée à saint Germain l’Auxerrois. Il est aussi le patron des églises de Saint-Germain-en-Laye et de Fontainebleau, résidences royales.
 
Nièce du roi LOUIS XI, Catherine de Coêtivy avait épousé le seigneur de Magné où son oncle eut d’ailleurs l’occasion de passer en 1469. En 1508, elle fonde richement en l’église paroissiale un chapitre de six chanoines sous le nom de Sainte-Catherine, qui fera quelque peu oublier le premier vocable.
L’église, dont la réfection est achevée en 1521, survit aux ravages des guerres de Religion. Pendant la Révolution qui supprime le chapitre, elle devient entrepôt à fourrage, près d’un hôpital militaire pour « galeux ».
Rendue au culte, elle est restaurée au 19ème siècle : cloche (1844), clocher (1857), voûtes (1872)… Elle a été classée monument historique en 1913.
Il existait un prieuré joint à l’église ; quant à la place, elle a été aménagée sur l’ancien cimetière.
Si l’aspect extérieur ne traduit pas une grande unité de style, il faut remarquer, entre les puissants contreforts de la façade, le portail Renaissance, œuvre de Mathurin Berthomé, architecte du « Pilori », l’ancien hôtel de ville de Niort. Au chevet asymétrique, sous la grande verrière à remplage, on remarquera aussi une sorte de puits dont on ignore la fonction exacte.
 
Un vaste vaisseau
 
Le volume intérieur s’organise sur une nef rectangulaire qui dirige le regard vers l’autel. Ses quatre travées inégales sont voûtées sur croisées d’ogives, les nervures retombant sur des clots à feuillage. De chaque côté, séparées par d’épais massifs, s’ouvrent les chapelles.
 
Première travée
 
Le clocher, très remanié, est partiellement encastré dans la nef. A son niveau inférieur, qui a perdu sa voûte, la date de 1672 marque un écusson.
Au-dessus de la tribune, la grande rose a été récemment restaurée.
A droite, statue de Macrine, sainte du Marais entourée de légende et vénérée dans un sanctuaire tout proche : vitrail de Dagrand (Bordeaux, 1889) incluant des symboles eucharistiques, le lis et le Sacré-Cœur dans une grisaille d’ornement.
 
Macrine et sa sœur Colombe seraient venues d’Espagne au 4ème siècle, au temps des dernières persécutions. Rejointes par Pezenne, elles créent un petit monastère dans les environs de Niort. Fuyant un seigneur voisin, elles se réfugient à Magné. Des fondations, dont celles de 1508, permettront la desserte du sanctuaire par le clergé. Macrine est fêtée le 2ème dimanche de juillet.
 
Deuxième travée
 
A gauche, statue de Jeanne d’Arc et crucifix (un autre grand Christ en croix est conservé sous le clocher), vitrail figurant les saints Pierre et Augustin ainsi que des symboles pontificaux.
A droite, l’autel surmonté d’une statue du Sacré-Cœur, présente sur le devant le thème du Bon Pasteur ainsi que des roseaux, symbole aquatique : les instruments de la Passion entourent le tabernacle. Le vitrail, daté de 1900, montre l’apparition du Sacré-Cœur à la visitandine Marguerite-Marie Alacoque (Paray le Monial, 17ème siècle) ; dans les médaillons, les saints Maurice et Julien, qui portent la palme du martyre, sont sans doute les patrons de deux donateurs.
 
Troisième travée
 
A gauche, statues de saint Michel, archange, et de saint Joseph. Dans le vitrail, sous un lis, symbole de chasteté, sainte Anne enseignant et Saint Joseph.
 
On remarquera surtout, encastré dans le parement, le seul vestige sculpté de l’église romane : un chapiteau d’angle scié. Le personnage dont les bras levés sont soutenus par deux autres hommes serait-il Moïse lors de la bataille contre les Amalécites (Exode 17) ?
Un autre chapiteau avait été conservé non loin de l’église ; il a disparu.
 
A droite, statue de Thérèse de l’Enfant Jésus et, sur l’autel, de Notre-Dame de Lourdes et de Bernadette. Vitrail du couronnement de la Vierge : Marie, agenouillée sur un croissant de lune et entourée d’angelots, est accueillie par la Trinité. La phrase « venue du Liban, tu seras couronnée » évoquerait le Cantique des cantiques.
 
Quatrième travée : le chœur
 
A gauche, la Vierge lange l’Enfant Jésus entourée par des anges musiciens (toile, 18ème siècle ?). Inscription mentionnant le nom de la donatrice : « Katherine femme de coëtivy 1508 ».
 
A droite, chapelle du Saint Sacrement voûtée sur croisée d’ogives avec retable du 18ème siècle, dont le tableau représente saint Pierre, nommé par une inscription.
 
Le curieux contrefort conique, à droite ne serait-il pas destiné, par cette forme très inhabituelle, à équilibrer visuellement l’important dévers observable au mur opposé ?
 
L’autel a été construit à partir du tombeau de l’abbé Rouvier, curé de 1804 à 1815.
Le vitrail de gauche associe dans une grisaille saint Henri, empereur, qui tient une épée et une église, et saint Clément, pape. C’est encore probablement à des donateurs qu’il faut attribuer le choix de ces deux saints, peu vénérés dans le diocèse.
 
C’est surtout de la verrière flamboyante du chevet, garnie par le maître verrier tourangeau Lobin en 1875, que la lumière parvient dans le sanctuaire.
De gauche à droite :
  • Sainte Catherine d’Alexandrie, patronne du chapitre, reconnaissable à la roue, attribut qui permet de ne pas la confondre avec Catherine de Sienne.
  • Saint Germain, titulaire de l’Eglise,
  • Sainte Macrine vénérée dans la région,
  • Sainte Radegonde, grande sainte du diocèse de Poitiers.
 
Réalisation : atelier HISTOIRE ET FOI – Centre théologique de Poitiers