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Installation des nouvelles équipes locales de la paroisse St-Pierre et (...)

Homélie du père Bernard Châtaignier à St-Hilaire, dimanche 1er mai 2016

Qu’allons-nous devenir ? Que vont devenir nos communautés locales ? Que va devenir notre paroisse ? Notre première impression est le constat d’une difficulté à renouveler nos équipes ? D’une vraie difficulté à trouver de nouvelles personnes pour s’engager et pour assumer des responsabilités au service des communautés. Plusieurs des équipes renouvelées aujourd’hui sont incomplètes. Et on peut espérer que là où manque un délégué à la prière, on aura quand même une communauté qui prie et que là où manque un délégué à l’annonce de la foi ou la charité, on aura quand même la foi et l’amour.

Et nous entendons pourtant ces paroles bibliques qui nous invitent à l’action de grâce. Je pense particulièrement au psaume qui loue le Seigneur en disant « que les peuples te rendent grâce tous ensemble ! » et qui affirme avec confiance : « la terre a donné son fruit, Dieu, notre Dieu nous bénit. » La liturgie nous sort du registre de la lamentation et de la plainte, voire du découragement, et nous conduit vers l’action de grâce.

Et les motifs de rendre grâce sont multiples. Tout d’abord pour tout ce que le Seigneur a accompli avec les équipes sortantes, pour les liens qui ont été tissés, pour les célébrations qui ont été préparées et animées, pour les projets qui ont été conduits, pour les sacrements qui ont été préparés et vécus, et la liste serait bien trop longue : malades visités, enfants catéchisés, jeunes accompagnés. Et il faudrait ajouter beaucoup d’autres aspects dans les domaines culturels ou caritatifs.

Mais je pense que l’évangile nous révèle le motif principal d’action de grâce, c’est ce que produit en nous la Parole. Accueillir la Parole, la garder, en vivre est le chemin que Dieu le Père et son Fils prennent pour venir chez nous. Vous l’avez remarqué, l’évangile dit «  nous viendrons vers lui et, chez lui, nous ferons une demeure. » Pas seulement « vers lui », l’évangile ajoute « chez lui ».

La Parole n’est pas que le moyen pour le Seigneur de nous rejoindre, de nous atteindre ; en nous donnant sa Parole, il établit en nous sa demeure. Le fils est pour nous celui qui est à la fois la Parole et celui qui demeure, qui habite en l’humanité, en notre humanité.

Le livre de l’apocalypse nous apprend que non seulement le Fils est descendu, Verbe fait chair, mais que la Ville sainte aussi vient d’auprès de Dieu. La Parole qui vient nous habiter fait aussi exister une cité qui descend du ciel, fait vivre un monde nouveau. Il y a un peu plus de 10 ans, nous le chantions lors du synode diocésain : « la parole échangée, la mission partagée prennent chair en notre histoire. »

Comment entrer dans ce mystère de la confiance, de l’espérance, comment faire vivre cette cité, cette communauté venant du ciel, qui trouve son origine auprès de Dieu ? Comment faire vivre cette cité sainte ? Comment avec nos communautés locales trouver le chemin ? Pour chacune et chacun de nous, comment savoir s’il peut faire quelque chose ? Vous l’avez entendu : il y a 12 portes possibles.

Il y a trois portes à l’orient, là où naît la lumière, là où le soleil se lève. Ce sont les portes pour ceux qui ont perçu la lumière de la foi, qui entrent par les sacrements de l’initiation chrétienne, le baptême, la confirmation, l’eucharistie, pour ceux qui ont la joie de croire. Le service de la prière et celui de l’annonce de la foi y trouvent leurs complémentarités.

Il y a trois portes au sud. Le sud représente la chaleur du soleil, évoque les belles moissons bien mûries, les vacances bien ensoleillées. Un auteur du moyen âge précise ainsi : « combien les œuvres ont été brillantes dans les saints, combien brûlante la ferveur de la charité, c’est chose à imiter, bien plus qu’à raconter. » Ce sont les portes du témoignage, de l’engagement, de l’action, de la sainteté. C’est la voie proposée à toute la communauté : tous, nous sommes appelés à la sainteté.

Il y a trois portes à l’occident, du côté du soleil couchant, du côté des ténèbres, pour ceux qui ont du mal à croire. Même là, il y a trois portes, même si c’est le noir et la nuit qui viennent, ce n’est pas bouché. Jésus le Christ lui-même est descendu aux enfers et encore aujourd’hui, des personnes partent rejoindre les sœurs et frères en difficulté et nous le croyons : le Seigneur est ressuscité. Ce mouvement devrait en fait animer l’ensemble de la communauté. C’est la porte du choix et de la liberté qui invitent à se tourner vers la lumière, à tourner le dos au soleil couchant pour chercher la lumière. C’est croire que toute personne peut entrer dans la foi, qu’elle peut être touchée par la grâce de Dieu, qu’elle peut être appelée.

Il y a trois portes au nord, là où souffle le vent froid et glacial, l’Aquilon de l’antiquité. Pensons à nos égarements, nos transactions douteuses, nos fréquentations hasardeuses qui nous ont conduits dans des épreuves, dans l’erreur, dans la platitude spirituelle, dans une foi réfrigérée et ennuyeuse. Il y a pourtant toujours possible de trouver des portes, ce sont celles de la conversion, du repentir, et comme disait déjà notre auteur ancien, celle de la miséricorde.

Il y a un passage de l’apocalypse qui a été sauté dans la lecture liturgique et qui parle des fondations qui sont 12 pierres précieuses, certains y ont vu 12 façons possibles de vivre la charité, c’est dire que nos 12 communautés locales sont capables de briller de façon originale et de rendre témoignage à l’amour évangélique, que chaque communauté peut devenir comme une pierre précieuse.

Mais remarquons surtout que les portes font entrer dans la même cité sainte, là où la gloire de Dieu illumine. La porte, c’est pour entrer, pour conduire vers la rencontre, pour aller plus loin.

Entrons ensemble pour que vive l’Église, pour que l’Agneau sauveur soit acclamé, pour que le nom de Dieu soit loué.

Père Bernard Châtaignier
Le 1er-05-2016

Quelques photos au cours de la messe du dimanche 1er mai 2016

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