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  • Homélie du Dimanche des Rameaux et de la Passion en l’église Notre-Dame de Niort

    Homélie du dimanche des Rameaux et de la Passion,
    à l’occasion de la bénédiction du coq restauré de l’église Notre-Dame de NIORT,
    ce dimanche 29 mars 2026

    Les enfants découvrent le coq de Notre-Dame
    Bénédiction du coq de Notre-Dame
    Le coq restauré et béni dans la chapelle des martyrs des Carmes … avant qu’une relique des bienheureux y soit insérée

    Pierre « se mit à protester violemment et à jurer : « Je ne connais pas cet homme. » Et aussitôt un coq chanta » (Mt 26, 74). Voilà qui doit nous interpeller en cette solennité. Saint-Pierre, dont le destin a basculé en rencontrant le Christ-Jésus, est celui qui renie leur amitié.
    Toute la foule, dont l’apôtre Pierre fait partie, a accueilli triomphalement Dieu et les mêmes le renient aussi. Cette ambivalence est la nôtre. Cependant, le coq ne chante pas comme lorsqu’un signal d’alerte indique une urgence absolue. Ce chant du coq est comme celui de l’aurore : le temps n’est-il pas venu pour qu’un jour nouveau se lève sur nos existences ?

    Il semble que, depuis le pontificat de Nicolas 1er (vers 850), des coqs soient érigés aux sommets de nos églises. Pas seulement pour rappeler notre identité française au prétexte que le mot latin « gallus » traduise les mots « gaulois » et « coq », mais surtout pour éveiller nos consciences à une vie nouvelle qui est possible, en chacun de nous. Pierre a renié, mais il est aussi Celui qui est choisi pour conduire l’Église au nom même de Jésus-Christ. Oui, avec le chant du coq, un jour nouveau se lève sur nos vies : « La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. Rejetons les œuvres des ténèbres, revêtons-nous des armes de la lumière. Conduisons-nous
    honnêtement, comme on le fait en plein jour. »
    (Rm 13, 12-13).

    En plaçant ce coq restauré au sommet de notre église, nous posons un acte de foi : quelques soient nos actes, nos valons toujours plus que ceux-ci. Aucune vie humaine ne peut être réduite à tel ou tel acte posé, même si celui-ci est inhumain. Pour tous et toujours, un avenir est possible. Voilà pourquoi le coq vient annoncer ce jour nouveau, tant au sommet de notre église que dans nos fragiles existences.

    Comme le monde serait plus beau si nous étions prêts à donner une nouvelle chance à celles et ceux qui nous ont trahis, bafoués et même malmenés. Jésus-Christ lui, continue de nous aimer malgré tout ; encore et toujours. Par son chant, le coq ne condamne pas Pierre, il annonce qu’un jour nouveau se lève sur sa vie : Dieu, encore et toujours, lui fait confiance.

    Voilà pourquoi Pierre « pleure amèrement » (Mt 26, 75). Le chant du coq réveille le souvenir du Dieu qu’est Jésus-Christ où sa douceur est une réponse plus forte que les coups qu’il a reçus. « Tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée » (Mt 26, 72). Oui, heureux les doux, les personnes capables d’aimer de nouveau, de laisser le jour poindre sur leurs vies plus que les ténèbres. Heureux sommes-nous d’ouvrir un avenir plus que de nous enfermer dans un passé. Que nos consciences soient interpellées non par le seul chant du coq mais par la
    douce mélodie que Dieu nous donne d’entendre depuis notre baptême : « Tu es mon Fils bienaimé, en toi, j’ai mis tout mon Amour » (Mt 3, 17).

    P. Julien DUPONT
    Curé de la paroisse St-Pierre – St-Paul de NIORT