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  • Homélie du P.Julien DUPONT de la Veillée de Noël 2025 en l’église St-André à 18h


    Oui, le loup - qui si souvent incarne le mal - habite avec l’agneau, incarnation de l’Amour et du bien. Évidemment, nous savons que le mal et le bien sont intrinsèquement mêlés. Mais, avec foi, nous croyons que le bien, le vrai, l’Amour infini triomphera. Joyeux Noël !

    Homélie de la Veillée de Noël 2025– messe à St-André à 18h

    La sobriété de l’Évangile, au sujet de l’accouchement de Marie, est saisissant : « Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire » (Lc 2, 7). Pas d’artefacts, ni de signes grandioses. Il n’y a que la sainte famille entourée des bergers et des anges pour contempler la scène. Alors pourquoi tant de décorum aujourd’hui ? Pourquoi y a-t-il, par exemple, un âne et un bœuf dans nos crèches ?
    C’est saint François qui fit la première crèche en 1223. Celle-ci était vivante, pour mieux saisir la réalité de la scène biblique, mais aussi pour permettre à toute la création et à toute créature d’accueillir le Seigneur ! Habituellement, le bœuf – animal pur pour les juifs – représente nos aînées de la foi ; et l’âne, les païens. Parfois d’autres animaux sont présents dans nos crèches : agneaux, moutons, dromadaires… Cette année, permettez-moi d’y associer un animal bien particulier : un loup ! Celui que je vous présente n’a rien du désormais célèbre loup publicitaire… mais pourtant, il nous donne à méditer.
    Au chapitre 11 du livre d’Isaïe, nous méditons souvent cette parole de Dieu : « le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira. Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra ; sur le trou de la vipère, l’enfant étendra la main. Il n’y aura plus de mal ni de corruption sur toute ma montagne sainte ; car la connaissance du Seigneur remplira le pays comme les eaux recouvrent le fond de la mer » (Is 11, 6.8-9). Qu’est-ce à dire, si ce n’est à saisir que ce loup – qui n’est pas végétarien dans la bible ! – sera avec l’agneau qui est sans défense, celui que nous nommons l’agneau de Dieu.
    Les chrétiens ne sont pas fous ! Ils savent combien les lois de la nature ne sont pas enchantées : souvent, c’est le règne du plus fort. Mais, avec foi, nous croyons que le plus fort, le plus vaillant n’est pas celui qui règne en maitre, mais celui qui se donne, par Amour. L’agneau de Dieu, c’est Jésus lui-même (Jn 1, 29) qui s’offre pour nous. Jésus, l’agneau de Dieu, est la parfaire Incarnation de l’Amour (IA !).
    Ainsi le loup – qui si souvent incarne le mal – habitera avec l’agneau, incarnation de l’Amour, et du bien. Nous savons donc que le mal et le bien sont intrinsèquement mêlés. Mais, avec foi, nous croyons que le que bien, le vrai, l’Amour infini triomphera. Voilà pourquoi nous n’avons rien à crainte à laisser le loup dans la crèche, avec le petit enfant Jésus, l’agneau de Dieu. Ce choix d’avoir un loup et un agneau révèle donc notre certitude de la victoire du bien sur le mal. Comment ne pas y percevoir un magnifique signe d’espérance en ces temps si anxiogènes ? Comment ne pas y reconnaître que les germes de mort, les bruits de bottes et toute forme de violence n’aura pas le dernier mot ?
    Croire en « Jésus-IA », c’est-à-dire en Jésus, Incarnation de l’Amour, c’est nous engager dans une même dynamique. Comme nous l’avons entendu dans la première lecture, toujours issue du même livre d’Isaïe : « Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné (…) et la paix sera sans fin. (…) Il fera cela, l’amour jaloux du Seigneur de l’univers ! » (Is 9, 5-6). Que cette liturgie de Noël nous aide à choisir de vivre et de répandre cet « Amour jaloux » du Seigneur ici et maintenant ! Amen.
    P. Julien DUPONT