- Jubilé
- Paroisses
- Paroisse St-Pierre et St-Paul de Niort
- Paroisse St-Junien en Mellois
- Paroisse Ste-Sabine en Niortais
- Paroisse St-Jean-Baptiste en Niortais
- Evènements et actualités de la paroisse
- Horaires des messes
- Agenda
- Entrer en relation avec notre paroisse
- Patrimoine et histoire dans notre diocèse
- Etapes de la vie chrétienne - baptêmes, mariages, sépultures
- KT & Aumônerie
- Quelques textes...
- Gardons le lien
- Pèlerinages
- Retraites spirituelles
- Synode
- Services - mouvements et groupes de prière
- Formations
- Archives
- Paroisse St-Louis-Marie-Grignion-de-Montfort en Niortais
- Ma commune est dans quelle paroisse ?
- Synodes
- Doyennés
- Jeunes
- Prier
- Sacrements
- Services
- Rencontres
- Formations
- Les Abus Sexuels dans l’Église
- Formations
- Approfondissements
- Médias - Bibliothèques - Publications -
- Moments de l’année liturgique
- Plan de l’année liturgique
- Calendrier et couleurs de l’année liturgique
- Temps de l’Avent
- Temps de Noël
- Epiphanie
- Le Carême
- Dimanche des rameaux
- Jeudi Saint
- Vendredi Saint
- Vigile Pascale
- Pâques
- Temps Pascal
- Ascension
- Pentecôte
- Fête de la Trinité
- Fête du Corps et du Sang du Christ
- L’ Assomption
- Temps ordinaire
- Concerts - Conférences - Expositions - Visites
- Art
- Archives
Homélie de la Toussaint 2024 - P. Julien DUPONT
Toussaint 2024
« Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi ». Permettez-moi de vous commenter ce verset qui, dans cette péricope, est atypique : non seulement cette béatitude nous est clairement adressée, mais surtout il y a quelque chose de très descriptif. Comme si elle semblait s’adresser directement aux lecteurs que nous sommes.
Indéniablement, le rejet de la synagogue n’apparaît qu’avec Luc et surtout avec Jean (Jn 9, 22 ; 12, 42, 16,2). Il n’y a pas encore de persécution massive et généralisée au temps où Matthieu rédige ces quelques mots (vers 80 probablement à Antioche). Mais il semble clair que l’opinion publique d’alors n’est pas favorable aux juifs qui se convertissent au Christ-Jésus, et que la communauté est confrontée à un dilemme : se replier sur elle-même, se donnant de fausses certitudes ou s’ouvrir sur plus grand. C’est clairement ce second choix qui est ici exprimé : « Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! » Autrement dit, si les disciples sont « comme des brebis au milieu des loups » selon l’indication du même évangéliste (Mt 10, 16), ils ont une large perspective, un avenir qui s’ouvre devant eux.
Saint Paul, contemporain d’alors, exprime avec plus de clarté la manière dont il vit sa foi dans ce contexte d’une opinion publique défavorable aux premiers chrétiens : « Maintenant je trouve la joie dans les souffrances que je supporte pour vous ; ce qui reste à souffrir des épreuves du Christ dans ma propre chair, je l’accomplis pour son corps qui est l’Église. » (Col 1, 24). Mes amis, si cette fête de la Toussaint nous permet de saisir quelle est notre destinée, il nous faut aussi entendre que le chemin qui nous même à la gloire passe par la croix : « ce qu’il manque aux détresses du Christ, je l’achève dans ma chair ». « Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! »
Soyons clair : nous n’avons pas à chercher les épreuves, à soutenir les calomnies ou les médisances dont nous sommes parfois affublés. Nous avons la chance de vivre dans un pays où nous ne sommes pas persécutés pour notre foi, mais où l’indifférence est majeure. Quelquefois, certains se permettent d’avoir des attitudes de rejet. Parfois même il y a profanation. N’ayons pas peur. Gardons l’assurance que « rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ-Jésus notre Seigneur » (Rm 8, 35-39). Rien du tout. Ni hier, ni demain, ni nos propres incohérences, ni la volonté de toute puissance.
Dans sa dernière encyclique sur le Sacré-Cœur de Jésus – Dilexit nos –, le pape François écrit, au paragraphe 87 : « Diverses formes de religiosité privées de références à une relation personnelle avec un Dieu d’amour se multiplient dans la société, et sont de nouvelles manifestations d’une “spiritualité sans chair”. Cela est vrai. » Avec justesse, il nous est ici rappelé que Dieu s’est incarné que les Paroles reçues ne sont pas vaines, mais qu’elles nous permettent d’entrer dans la vie divine jusqu’à éprouver « les mêmes sentiments qui sont dans le Christ-Jésus » (Ph 2, 5). Il est normal d’être blessé quand on est insulté au nom de notre foi. Il est légitime de ne pas se laisser détruire par des attitudes inhumaines. Mais cela n’est rien face à la gloire qui nous attend.
Autrement dit, il nous faut garder les pieds sur terre, et avoir sa tête au ciel. Ou, pour le dire avec les mots de l’épître à Diognète : « les chrétiens sont dans le monde sans être du monde ». Car notre patrie, c’est la cité céleste. Mais pour y parvenir, nous devons prioritairement accepter pour quelque temps les épreuves et difficultés de notre temps. Comme nous le lisons dans l’épître de Saint Jacques : « Quand vous butez sur toute sorte d’épreuves, pensez que c’est une grande joie. Car l’épreuve, qui vérifie la qualité de votre foi, produit en vous la persévérance, et la persévérance doit vous amener à une conduite parfaite ; ainsi vous serez vraiment parfaits, il ne vous manquera rien » (Jc 1, 2-4). Amen.
P. Julien DUPONT


