Homélie - Christ Roi - 22 novembre 2020

Dimanche 22 novembre 2020 - Christ Roi de l’Univers

Rendre à César et à Dieu
Il y a quelques dimanches Jésus nous disait de rendre « à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Il nous invitait à reconnaitre une certaine autonomie entre les affaires de la terre et celles de Dieu. Nous n’avons pas à les confondre.
Et voilà qu’aujourd’hui nous célébrons le Christ Roi de l’Univers. Est-ce que cela ne voudrait pas dire que Dieu, tout en étant Dieu, est aussi César ? Ne sommes-nous pas dans une certaine incohérence au regard de ce que nous disions auparavant ?

Jésus vrai roi
La réponse vous la connaissez, oui le Christ est vraiment Roi, car dans le monde, ou en nous, rien n’échappe à sa souveraineté, à sa royauté. Il est bien roi de l’univers mais pas comme les rois que nous connaissons. Jésus lui-même l’a dit à Pilate. Alors que celui-ci lui demandait s’il était roi, Jésus lui répond : « Ma royauté n’est pas de ce monde ».

Devant le mal
Alors comment s’exerce son pouvoir, sa royauté ? Où est la puissance du Christ ?
A la fin de la deuxième guerre mondiale, devant l’horreur de la Shoa, certains théologiens juifs ou chrétiens refusaient d’entendre parler de la royauté du Christ. Ils soutenaient que Dieu n’était ni roi, ni tout-puissant.
C’est vrai que devant le scandale du mal, nous pouvons nous poser des questions sur ce règne !

Royauté d’amour et de service
Comme je le disais précédemment, comprenons bien que la royauté du Christ n’a rien à voir avec ce que nous voyons dans nos magazines. Le Christ n’a ni palais, ni dorure. C’est un roi pauvre, humble, doux. Il est roi règne à l’image du bon pasteur dont nous parlait la première lecture. Il prend soin de ceux qui sont égarés, blessés, malades. Il s’identifie au plus petit et au plus faible des hommes : « J’ai eu faim, j’ai eu soif, j’étais étranger … », et comme si cela ne suffisait pas, il insiste : « Chaque fois que vous l’avez fait, c’est à moi que vous l’avez fait. »
Et comme nous l’apprendra Jésus, il règne en donnant sa vie. Son trône c’est la croix et sa couronne est d’épines. Sa seule puissance c’est celle de l’amour.
Il nous faut donc casser toutes les images erronées que nous nous faisons pour conserver celle que nous donne le Christ : une royauté d’amour et de service.

L’efficacité du règne du Christ
Pourtant cela ne l’empêche pas d’être puissant, au contraire. Il nous l’a montré en ressuscitant d’entre les morts, en étant vainqueur de la mort.
Mais ce qu’il nous faut saisir c’est que sa royauté n’est efficace ici-bas que dans la mesure où nous l’accueillons dans notre vie. Le Christ ne s’impose pas par la violence, il s’offre, il propose.
Souvenons-nous de la parabole des talents de dimanche dernier. Le maître laisse ses serviteurs libres d’utiliser ou non les talents qu’il leur a confiés.
Laisser régner le Christ c’est accueillir les talents qu’il nous offre, c’est partager son amour, c’est le reconnaître dans notre prochain, c’est nous mettre au service de Dieu et des autres par amour.

Régner en nous
Dans le Notre Père nous disons « que ton règne vienne ». C’est en accueillant la logique de l’amour du Christ, en faisant sa volonté que nous permettons à son règne d’advenir en ce monde. C’est en acceptant de vivre à sa suite que son règne s’établira en nous et autour de nous.
Encore une fois, la royauté du Christ ne s’impose pas, elle est à accueillir et à vivre.
Benoît XVI disait : « Jésus est le roi de ceux qui ont cette liberté intérieure qui rend capables de surmonter l’avidité, l’égoïsme qui règne dans le monde, et savent que Dieu seul est leur richesse. Jésus est le roi pauvre parmi les pauvres, doux parmi ceux qui veulent être doux » (audience du 26 octobre 2011).
C’est parce que l’homme refuse de laisser régner le Christ en lui que la royauté du Christ semble si peu présente dans le monde.

Un monde de paix
Et pourtant, de quelle paix, joie, beauté, l’homme ne se prive-t-il pas en refusant de laisser régner le Christ en lui !
Car vivre de la royauté du Christ est la meilleure façon de changer réellement et durablement le monde, c’est par nos actes que nous témoignions et ouvrons au monde le règne de Dieu.
C’est dans la mesure où le Seigneur agira en nous qu’il sera vraiment le roi de l’univers.

Un règne pour aujourd’hui
La parabole de l’évangile nous le disait que c’est par nos actes d’aujourd’hui que nous ferons advenir le règne de Dieu. Il ne nous sera pas donné d’autres temps pour cela. C’est ici et maintenant, que le Seigneur se présente à nous sous les traits de nos frères et sœurs, c’est à chaque instant que nous avons à accueillir sa royauté.

Pour le Christ
Je voudrais terminer avec quelques mots de notre pape François. Il disait : « Le Christ notre Seigneur, Roi éternel, appelle chacun de nous en nous disant : Qui veut venir avec moi doit travailler avec moi, afin qu’en me suivant dans la souffrance, il me suive aussi dans la gloire : être conquis par le Christ pour offrir à ce Roi toute notre personne et tous nos efforts. [...] Se laisser conquérir par le Christ signifie être toujours tendus vers ce qui se trouve devant moi, vers l’objectif du Christ (cf. Ph 3, 14) et se demander en vérité et avec sincérité : Qu’est-ce que j’ai fait pour le Christ ? Qu’est-ce que je fais pour le Christ ? Que dois-je faire pour le Christ ? » (Homélie - Mercredi 31 juillet 2013).

Puissions-nous, comme Marie qui dès son enfance a été présentée et offerte à Dieu (cf. 21/11/2020), être tout au Christ pour faire advenir dans nos vies le royaume de Dieu.

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