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  • Loukas est le seul parmi les évangélistes à rapporter l’évènement qui s’est déroulé dans le village palestinien de Naïn (Luc 7, 11-17). Naïn est une bourgade située dans la plaine de Yizréel, proche du Mont Thabor, à 10 km de Nazareth. Des fouilles récentes ont montré que la cité de Naïn, à l’époque romaine, était dotée d’une enceinte fortifiée.
    Yéshoua a coutume de cheminer dans la campagne, accompagné de ses disciples : il y a ceux qui écoutent attentivement sa Parole ; il y a aussi ceux qui sont avides de sensationnel, au cas où le Prophète ferait un miracle (sa réputation n’était plus à faire !).

    La troupe bon enfant arrive près du village de Naïn et se trouve à croiser, sous les murailles de la cité, un cortège funèbre : peut-il y avoir douleur plus navrante que celle de cette veuve portant en terre son fils unique ?

    La détresse de cette femme est d’autant plus grande que, en ce temps-là, les juifs enterraient leurs morts le jour même du décès ; cette pauvre veuve n’a même pas eu le temps de faire son deuil, un deuil d’autant déstructurant que cette femme venait de perdre son mari, et maintenant son fils unique ; elle se retrouvait dans une situation sociale désespérante.
    Yéshoua en croisant cette misère extrême nous montre combien il est proche de nos pires détresses.
    Les pleurs de cette veuve le bouleversent ; le Christ a eu ce mot de tendresse à l’égard de cette mère : « Ne pleure pas ».
    Dans le texte de Loukas apparaît comme souvent la tendresse, la miséricorde du Christ. Il s’avance au milieu des gens attristés, fait arrêter les porteurs ; un silence fige l’assemblée, Yéshoua touche le cercueil et d’une voix assurée dit :

    « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi. »

    « Alors le mort s’assit et se mit à parler. » Yéshoua le rendit à sa mère. Tous furent remplis de crainte et ils rendaient gloire à Dieu en disant :
    Un grand prophète s’est levé parmi nous et Dieu a visité son peuple (Luc 7, 14-15-16)

    « Lève-toi » - Le terme hébreu qui signifie « se lever » (en grec : ἀνίστημι - anistemi) est le même que celui qui est utilisé pour dire la résurrection du Christ aux jours de la Pâque juive. Le Christ « s’est levé » d’entre les morts : Christos anesti.

    La Parole du Christ, l’envoyé du Père, apparaît dans sa toute-puissance de résurrection. Yéshoua ne se présente pas seulement comme un prophète mais comme le maître de la vie. Dans ce récit, pour la première fois de son évangile, Loukas appelle Yéshoua « Le Seigneur » ; le nom qui sera donné au ressuscité de Pâque par l’apôtre Thomas « Mon Seigneur et mon Dieu ».

    La veuve de Naïn m’a fait penser à une autre femme, Marie de Nazareth ; cette mère dont le fils Yéshoua est mort un certain Vendredi et fut revu vivant le jour de la Pâque de l’année 30, là-bas à Jérusalem - Ce Fils qui, au cœur de notre monde, nous permet de vivre l’espérance de la béatitude éternelle.

    Durant mon ministère, j’ai connu de ces mères, jeunes parfois, accompagnant le cercueil de leur enfant jusqu’au cimetière du village. J’étais trop bouleversé pour leur dire des mots ; mais je leur dis aujourd’hui - si elles lisent ces quelques lignes que je viens d’écrire - je leur dis les mots du Christ lui-même à la veuve de Naïn :

    « Ne pleure pas »

    « Je suis la résurrection et la vie : celui qui croit en moi, même s’il est mort, vivra. »

    Yéshoua de Nazareth

    Père Joseph GUILBAUD
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