Dieu avait planté une vigne

Dans les temps qui ont précédé la venue du Messie, le Peuple de Dieu était parfois évoqué par les prophètes (cf ; psaume 80, 9) comme étant la « Vigne du Seigneur ». Dans une parabole du prophète Esaïe, Dieu avait planté une vigne et l’avait entretenue avec soin : « Mon bien-aimé avait une vigne sur un coteau plantureux ». La vigne, qui par la suite fut confiée à des ouvriers, n’avait pas produit le fruit attendu ; en fait les ouvriers n’étaient que des tâcherons malhonnêtes.
Dans le récit du prophète Esaïe, les lamentations de Dieu se transforment en déception, en colère même, en constatant la piteuse vendange réalisée par des ouvriers incompétents. (Esaïe 5, 1-7)

La parabole du Christ Yéshoua, que nous rapporte le catéchiste Mattaï (Matthieu 21, 33-43), prolonge celle du prophète Esaïe. Cette parabole est une annonce prophétique par Yéshoua lui-même de son rejet par le peuple juif et de sa mort programmée par les pharisiens et autres scribes.

Dieu a envoyé des prophètes pour inviter son peuple à produire de bons fruits. Pour n’avoir pas été écouté, le maître de la vigne envoie son propre fils : « Voici l’héritier, tuons-le, nous aurons l’héritage. » (verset 38)
L’accueil désolant des vignerons entraînera leur perte. Christ Yéshoua laisse à ses auditeurs le soin de conclure la parabole : quand le Maître de la vigne viendra (au jugement dernier), que fera-t-il à ces vignerons ?
Les disciples de répondre : « Il fera périr misérablement ces misérables et il donnera la vigne en fermage à d’autres vignerons. » (verset 41) - C’est ainsi que se trouve évoqué le Royaume annoncé par le Christ.

Une conclusion de la parabole s’impose : Dieu nous confie la vigne. Il est évident que nous devons nous interroger : que faisons-nous, chrétiens, de la vigne du Seigneur ? Que se passe-t-il dans le monde que Dieu nous a confié ?
Comme les ouvriers malhonnêtes, peut-être croyons-nous que nous sommes les propriétaires de la « vigne » qui nous est confiée ? Peut-être pensons-nous pouvoir profiter égoïstement du fruit de la vigne ?
Nombreux sont ceux qui sont convaincus qu’ils n’ont plus besoin du « Maître de la vigne ». Dans le monde actuel, beaucoup pensent qu’en se débarrassant de Dieu la vigne leur appartiendra.

Pouvais-je faire pour ma vigne plus que je n’aie fait ?

Dans le récit des ouvriers usurpateurs, Yéshoua nous invite à nous comporter en responsables de la construction d’un monde plus juste. Cette responsabilité ne concerne pas que les grands de ce monde, mais aussi chacun de nous.

Le message de la parabole des vignerons homicides, c’est que Dieu nous a confié le monde dans lequel nous vivons ; c’est à nous de répondre à cette mission avec les talents que nous avons reçus du « Maître de la vigne ». (Matthieu 25, 14-30)

« Il en va comme d’un homme, qui, partant en voyage, appela ses serviteurs
et leur confia ses biens… À l’un il remit cinq talents, à un autre deux,
à un autre un seul, à chacun selon ses capacités… » (Matthieu 25, 14-30)

Père Joseph GUILBAUD

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