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Commémoration de tous les défunts - 5 novembre 2017

Je ne pense pas me tromper en disant que nous avons été beaucoup plus nombreux à nous rendre dans les cimetières visiter nos défunts le jour de la Toussaint, alors que le jour où nous honorons ceux qui ont rejoint la maison du Père a lieu le lendemain ; soit le 2 novembre. J’ai envie d’indiquer que cette démarche est bien. Oui, il est beau que nous, les vivants, dont c’était notre fête le 1er novembre, allions nous recueillir sur les sépultures de ceux qui nous ont précédés et antérieurement avaient adopté la même attitude que la nôtre. Des hommes et des femmes debout vivants auprès de celles et ceux qui nous ont précédés dans la mort, je trouve là une belle image de familles, d’amis, de voisinage et de connaissances. Il ne faut pas nier que nous ne rencontrons pas les jeunes en grand nombre dans les cimetières mais je pense que leur cœur, pour ceux qu’ils ont connu, ne demeure pas insensible.

Pourtant, nous ne pouvons pas le nier, la mort est partie intégrante de notre parcours terrestre et nul ne peut en réchapper. Il est vrai qu’elle peut nous affecter plus ou moins profondément, selon l’âge et les conditions dans lesquelles elle survient. Lorsque nous recevons le sacrement du baptême, l’eau est le signe de l’immersion, nous sommes plongés dans la mort à trois reprises, ce sont les trois jours où le Christ est resté au tombeau dans les ténèbres mais le salut de Dieu a été vainqueur avec la résurrection. C’est bien à cela que nous sommes appelés. La lumière que nous prenons au cierge pascal, lui-même signe du Christ ressuscité est destinée à éclairer dans son quotidien, celui qui vient d’être baptisé et est devenu enfant de Dieu et frère de Jésus-Christ. Peut-être que nous n’évoquons pas assez ce passage de la vie à la mort, le temps que nous sommes sur terre, l’ultime étape n’épargnera personne.

La disparition d’un être cher peut nous laisser complètement désemparés, parce que des liens se sont tissés avec celui que nous aimions, en fonction de ce que nous vivions avec lui, peine qui peuvent nous affecter plus ou moins grandement, mais je ne pense pas qu’une totale indifférence puisse exister, ou alors l’amour est rejeté, ce qui peut parfois être rencontré par les membres des équipes de préparation aux funérailles mais ce n’est heureusement pas très fréquent. Je voudrais chers sœurs et frères vous citer ce passage du livre de Job qui est plein de réconfort et d’une extrême importance pour son rédacteur qui voudrait que cette citation demeure à jamais gravée ; bien sûr, nous pourrions la faire nôtre et je suis sûr que nous le faisons, je cite : « Mais je sais, moi que mon rédempteur est vivant, que, le dernier, il se lèvera sur la poussière : et quand bien même on m’arracherait la peau, de ma chair, je verrai Dieu. Je le verrai, moi en personne, et si mes yeux le regardent, il ne sera plus un étranger. »

Le terme défunt dans le dictionnaire mentionne : « Qui est mort » S’il est vrai que le Christ est passé par ce stade, cette définition n’a jamais été employée pour le désigner après sa mort. Divers tableaux le représentant après celle-ci ne font pas non plus état de ce mot. Seulement trois jours au tombeau, n’ont peut-être pas permis de lui attribuer cette appellation. Si Jésus lui-même avait annoncé qu’il serait mis à mort, il ne manquait pas non plus de faire savoir qu’Il serait relevé d’entre les morts ce qui fait dire à St Paul dans sa lettre aux Romains : « Le Christ est mort ; bien plus, il est ressuscité, il est assis à la droite de Dieu, il intercède pour nous : alors qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ? la détresse ? l’angoisse ? la persécution ? la faim, le dénuement ? le danger ? le glaive Mais, en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés. » L’amour que le Christ a pour nous est sans mesure. Je voudrais vous rappeler quelques situations où cet amour a été agissant, situations qui ne devraient pas manquer de nous interpeller :

  • 1°) Le bon larron sur la croix reconnaît qu’il mérite d’être condamné en raison des fautes qu’il a commises, lui qui dit à son compagnon : « Pour nous c’est juste en raison des actes que nous avons commis, mais Lui, Jésus il n’a rien fait. » C’est bien une réconciliation que le bandit sollicite auprès de Jésus, lorsqu’il lui demande : « Jésus, souvient-toi de moi quand tu viendras dans ton royaume » et Jésus de donner cette réponse : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » Nous sommes donc appelés à nous faire humble devant Jésus et reconnaître nos imperfections et nos défaillances lorsque nous vivons le sacrement de la réconciliation. C’est une démarche qui peut, ne pas être évidente mais ô combien libératrice. A ce sujet, nous pouvons lire la lettre pastorale de notre archevêque dans le numéro 238 d’octobre dernier et intitulée « Ne nous privons pas de la grâce du pardon »
  • Ste Bernadette

    2°) Nous savons que Bernadette Soubirous était d’une santé fragile et son niveau d’études rudimentaire. C’est pourtant à elle que la vierge s’est adressée en lui demandant de venir la rencontrer et cela à dix-huit reprises à la grotte de Massabielle que beaucoup d’entre nous doivent connaître. Souvenons-nous que les demandes exprimées par Marie lui ont valu de sérieux ennuis avec la police et sa crédibilité auprès du curé de Lourdes loin d’être reconnue, tout du moins dans un premier temps, mais par la suite, les paroles échangées entre Marie et Bernadette se sont révélées vraies. C’est devant cette grotte que Bernadette s’est entendue dire par la Belle Dame, c’est ainsi qu’elle l’appelait : « Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse dans ce monde mais dans l’autre » En fonction de ces paroles, nous pouvons être assurés que nos défunts, mais aussi nous-mêmes pouvons entrevoir la porte du paradis en fonction de la conduite de notre vie. Oui sœurs et frères, grande est la miséricorde du Seigneur.

  • 3°)
    Pranzini

    Avec le Secours Catholique et des personnes en difficulté, nous étions, pas cette semaine mais la précédente à Lisieux où nous avons pu découvrir entre autres, le cloître de la miséricorde. Pour ceux qui connaissent, il est situé à droite de la porte d’entrée de la basilique. Il y a là, une sculpture humaine à genoux. Elle représente Henri Pranzini meurtrier de 3 personnes à Paris, pourtant cette sculpture est particulière ; le visage est lisse, pas d’yeux, ni de bouche, ni d’oreilles, ni de nez, elle évoque tous ceux qui demandent pardon… que leur faute soit petite ou immense. La réalisation regarde la croix. Les mains sont croisées dans le dos mais elles ne sont pas liées car le pardon qu’il demande le rend libre… comme le bon larron lors de la crucifixion évoquée sur les vitraux du cloitre.

    Ste Thérèse de Lisieux

    Thérèse n’a que 14 ans (elle est entrée au carmel à 15 ans) lorsque cette affaire suscite son intercession et avive son espérance en la Miséricorde infinie du Seigneur. Thérèse sait que la miséricorde sans limite du Bon Dieu est assez grande pour effacer les plus grands crimes, alors elle prie intensément pour la conversion de Pranzini qui est en pri-son. Personne ne sait si l’homme s’est converti mais alors qu’il est sur l’échafaud, le condamné demande au prêtre présent, le crucifix qu’il a dans ses mains, lui présentant, Pranzini l’embrasse juste avant que ne tombe le couperet. Il a été reconnu que les prières de Ste Thérèse ne sont pas restées infructueuses malgré que les deux personnages ne se soient jamais rencontrés. Avec ce cas, nous pouvons reconnaitre que la prière a un pouvoir qui nous dépasse et que la foi de Thérèse se justifie avec ces paroles du Christ : « La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous pourriez déplacer des montagnes »

  • 4°) Nous restons toujours avec Ste Thérèse. Alors qu’elle est sur le point d’expirer, elle dit ces paroles qui par la suite ont été mises en musique et chantées par Sylvie Buisset : « Non je ne meurs pas, j’entre dans la vie, mon Dieu, vous avez dépassé mon attente » A nouveau, nous remarquerons la grande foi qui habite Thérèse.

Jésus a dit à ses disciples : « Je ne suis pas venu pour être servi mais pour servir ». Aujourd’hui, c’est à nous que cette parole est adressée. A nous d’avancer avec confiance et espérance comme Marie-Madeleine, Marie, mère de Jacques et Salomé qui entre elles se disaient en se rendant au sépulcre : « Qui nous roulera la pierre pour dégager l’entrée du tombeau ? » Qui déplacera celles de nos défunts ? qui déplacera la nôtre à la fin des temps lorsque le Christ reviendra dans la gloire afin de nous tirer de notre sommeil ?

Lui.

Amen.

André Léau, diacre