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  • Dans la parabole du Christ Yéshoua rapportée par l’évangéliste Loukas (15, 11-32) ce qui frappe d’emblée c’est la réaction du plus jeune fils qui, s’adressant à son père, demande sa part d’héritage et quitte la demeure familiale.

    La parabole, à l’évidence, a une portée actuelle ; elle reflète ce qui se passe dans nos familles : depuis bien des années déjà, beaucoup de jeunes (ou moins jeunes) se sont éloignés de la religion chrétienne. Ils ont quitté la « Maison » qui les avait pourtant accueillis et aidés ; ils ont quitté ce qui était devenu « pour eux » un monde trop vieux, construit autour de rites religieux surannés, d’une pratique religieuse d’un autre temps.

    En observant la société, on remarque que beaucoup de gens se sont libérés des contraintes religieuses et parfois des valeurs morales qui en découlent ; ils se sont libérés en somme d’une culture riche de 2000 ans d’Histoire, la culture judéo-chrétienne. Beaucoup vivent dans l’indifférence par rapport au fait religieux ; d’autres sont entrés dans un monde nouveau jugé meilleur et sans doute rêvé ; ce monde-là s’appelle le matérialisme athée ; ce monde qui en « fin » ne peut déboucher que sur le néant.

    Dans la parabole du « Père miséricordieux », lorsque le jeune demande sa part d’héritage, il ne veut pas seulement une somme d’argent, il abandonne son père et le considère comme mort. Combien d’anciens chrétiens vivent comme si Dieu était mort.

    Pour ceux qui ont abandonné la pratique de la religion chrétienne, l’image de Dieu s’estompe peu à peu puis disparaît. Quand le chrétien se coupe de ses racines, il perd rapidement son identité : «  Je ne mérite plus d’être appelé ton fils » confesse l’enfant prodigue de retour dans la maison paternelle. (Luc 15, 21)

    La parabole du Christ Yéshoua nous rappelle que Dieu est respectueux de la liberté de l’homme. Dans le livre de l’Apocalypse, nous lisons cette image évoquant le respect de Dieu pour tout homme : « Voici que je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui. » (Apocalypse 3, 20)

    Cette parabole nous permet de vivre dans l’espérance de voir les fils revenir vers la maison du Père, comme l’enfant prodigue. Notre pensée va naturellement à toutes ces associations (des paroisses parfois) qui, bien que s’affirmant catholiques, se sont réfugiées dans l’intégrisme ou dans un traditionalisme incertain théologiquement et spirituellement.

    Quant à nous, adhérents à la Parole du Christ, nous sommes appelés à ne pas durcir notre cœur, comme l’a fait le fils aîné au retour de son frère aventurier.

    La parabole développée par l’évangéliste Loukas nous invite à imiter la tendresse de Dieu pour chacun de nos frères. Nous sommes appelés à accueillir et à pardonner « au nom du Père miséricordieux ».

    Père Joseph GUILBAUD
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