Après les attentats du 13 novembre 2015

Paroisse Saint Jean-Baptiste en Niortais
Veillée de Prière
pour les victimes et leurs familles
suite aux attentats du 13 Novembre à Paris

Lecture de la première Epître de saint Jean (4,7-12)

Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres ; car la charité vient de Dieu, et quiconque aime, est né de Dieu, et connaît Dieu. Celui qui n’aime point, n’a point connu Dieu, car Dieu est amour

.

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :« On portera la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon nom. Cela vous amènera à rendre témoignage. Mettez-vous donc dans l’esprit que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense.
C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer.
Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d’entre vous. Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. »

Le Christ annonce des temps difficiles. Le fait-il pour effrayer ? Non, il dit une vérité simple : le juste est persécuté, vérité exprimée de Jérémie aux béatitudes. . » Heureux les persécutés pour la justice,
car le Royaume des Cieux est à eux. » Mt 5.

Le bon sens voudrait que la force et la justice aillent de pair Or depuis le témoignage de Job, chaque être humain découvre que la vie peut donner des temps difficiles à ceux qui voulaient aimer. La violence est une réalité que chacun affronte dans l’angoisse et qui laisse blessé. Jésus qui a guéri de nombreux malades constate que ce mal est plus profond car il vient du cœur de l’homme. Le constat était dès la Genèse : « L’Eternel vit que la méchanceté des hommes était grande sur la terre, et que toutes les pensées de leur cœur se portaient chaque jour uniquement vers le mal. » Gn 6.5. Ce constat n’empêche pas l’espérance mais il guérit d’un optimisme de façade. Averti, chaque croyant peut s’affermir. Aucun des apôtres hors Judas ne faiblira après la Pentecôte. Si nos membres semblent parfois de coton, nous pouvons nous rassurer en rappelant que ces mêmes apôtres ont été déstabilisés par la passion puis se sont repris.

Sommes-nous ainsi abandonnés au pouvoir du mal ? Jésus prend l’image des cheveux sur la tête. Aucun assure-t-il. Combien de détenus politiques ont dû méditer cette promesse pour ressortir plus libres après des années de détention arbitraire ? « Mais la vie des justes est dans la main de Dieu, aucun tourment n’a de prise sur eux. » Sg 2 Le Père du ciel protège ses enfants. Rappelons la vérité de st Paul 1co 10.13 « Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces » face à la violence, la peur et la colère , tapies au fond de nous ne doivent pas nous enflammer. Cette dernière phrase du Notre Père le rappelle : Seul Dieu délivre du mal . Notre prière nous écarte de ce mal qui rôde dans le noir.

Dieu ne confond jamais le juste et le méchant. Pourquoi redire cette évidence. Lors de la discussion avec Abraham, c’est même le critère décisif pour que Abraham influe sur la décision de Dieu. Pourquoi redire cela ? L’épreuve révèle le juste mais éclaire crûment la méchanceté du puissant. Le sang innocent parle plus fort que toutes les fausses théories religieuses. Nul ne peut indûment tricher sur l’autorité de Dieu quelle que soit sa religion. Au ciel, la justice de Dieu traitera avec force ceux qui ont écrasé le faible. Nul n’échappera au jugement de Dieu. Chacun peut se convertir. Aucun cœur dans le judaïsme , l’islam ou le christianisme ne peut ignorer que la miséricorde est un des plus grand dons de Dieu. Mais ce don passe par une vérité qui ne peut se cacher derrière des discours creux.

Vérité et compassion. Beaucoup sont blessés. Seigneur fortifie-les . Donne à ceux qui les soignent des mains habiles et de la tendresse. Soutiens les familles, lieu où peuvent être pansées les plaies les plus intérieures. Que notre pays grandisse en fraternité. C’est alors que les gens partageaient une joie simple en musique, dans un stade, à une terrasse que la cruauté les a surpris. Fais-nous redécouvrir les joies simples du temps libre, celui du dimanche, celui des noces comme à Cana, lieu du premier miracle.

Donne à chacun la paix silencieuse qui peut traverser les ténèbres.

Les vents chassent en vain les chagrins de l’azur
Tes yeux plus clairs que lui lorsqu’une larme y luit
Tes yeux rendent jaloux le ciel d’après la pluie
Le verre n’est jamais si bleu qu’à sa brisure

Mère des Sept douleurs ô lumière mouillée
Sept glaives ont percé le prisme des couleurs
Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs
L’iris troué de noir plus bleu d’être endeuillé

Les yeux d’Elsa

Père Jérôme

prière de l’Angélus, dimanche 15 novembre 2015

« Chers frères et sœurs, je voudrais exprimer ma douleur pour les attaques terroristes qui dans la soirée de vendredi ont ensanglanté la France, en causant de nombreuses victimes. Au président de la République française, et à tous les citoyens, j’apporte l’expression de mes condoléances les plus fraternelles. Je suis proche en particulier des proches de ceux qui ont perdu la vie et des blessés », a déclaré François.

« Tant de barbarie nous laisse effarés, et on se demande comment le cœur de l’homme peut imaginer et réaliser des événements aussi horribles, qui ont bouleversé non seulement la France mais le monde entier. Face à de tels actes, on ne peut pas ne pas condamner l’inqualifiable affront à la dignité de la personne humaine. Je veux réaffirmer avec vigueur que la voie de la violence et de la haine ne résout pas les problèmes de l’humanité.

« Je vous invite à vous unir à ma prière. Confions à la miséricorde de Dieu les victimes sans défense de cette tragédie. Que la Vierge Marie, Mère de miséricorde, suscite dans les cœurs de tous des pensées de sagesse et des intentions de paix. Demandons-lui de protéger et de veiller sur la chère Nation française, la première fille de l’Église, sur l’Europe et sur le monde entier. » « Tous ensemble prions en silence », a-t-il enfin demandé à la foule, qui a observé quelques instants de recueillement place Saint-Pierre, avant la récitation de l’Ave Maria.