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Accueillir les pèlerins de St Jacques sur nos routes

Accueillir les pèlerins sur nos routes

En cet après-midi du 25 juillet 2019, jour de la saint Jacques, une cinquantaine de personnes se sont retrouvées à St Hilaire de Melle pour une messe et un repas partagé. Dans la douceur du soir, il y avait Nadia, pèlerine arrivant de Nanterre - hier à Lusignan avant d’aller à Aulnay, des anciens pèlerins, des logeurs. Deux associations se sont liées pour ce temps

d’amitié : les étoiles de Compostelle avec Maryvonne Gabard et les amis de st Jacques en Deux Sèvres avec Henry Carré. Lors de la messe après le mot du Père Bréchoire invitant à la marche, le Père de la Roulière a raconté le conte du bœuf et de l’escargot, celui qui avait une maison et celui qui n’en avait pas.

Puis un verre de l’amitié et un repas partagé ont permis de se connaitre.

Les amis de St Jacques proposent régulièrement des randonnées comme en avril où 17 personnes ont sillonné les alentours d’Angoulême avant une sortie avec la vallée du Célé dans le Lot en octobre. L’association des étoiles de Compostelle donne la possibilité d’accueillir des pèlerins. En 2018, on estime à 1800 le nombres de pèlerins entre Tours St Jean Pied de Port. L’Office de Tourisme en recense au moins 100 qui s’arrêtent à Melle.

L’histoire du bœuf qui voulait visiter la maison de l’escargot.

Comme tu le sais, l’escargot tient beaucoup à sa maison. Il y tient tellement qu’il ne veut pas la quitter, alors il la porte sur son dos.

Un beau matin, à l’heure où les prés sont encore mouillés de rosée, un bœuf qui broutait tranquillement rencontra un escargot. Nez à nez, ils s’observèrent un long moment puis, n’y tenant plus, rongé de curiosité, le bœuf osa enfin demander à l’escargot de lui faire visiter sa maison. L’escargot, surpris et terrorisé, voulu d’abord refuser tout net mais, n’osant blesser l’imposant animal, il prétexta quelques courses urgentes à faire en le priant fort poliment d’attendre son retour prochain.

Le bœuf, personnage débonnaire, patient et sans malice, accepta cette réponse sans discuter et, tout heureux, s’en fut paître sagement l’herbe douce et tendre du printemps, convaincu qu’il lui suffisait d’attendre le retour de l’escargot pour visiter enfin cette jolie maison si curieuse. Il se remit donc à brouter paisiblement. Pourtant il ne pouvait se sortir de la tête cette maison qu’il visiterait tout à l’heure. Il se disait : Quand-même elle doit être bien étrange et bien précieuse cette maison pour que l’escargot se la trimbale sans arrêt sur son dos, pour ma part, je ne me vois pas avec mon étable sur le dos et pourtant on dit que je suis fort comme un bœuf, je veux dire comme mon oncle, un grand costaud, à qui on doit justement l’expression « fort comme un bœuf ! ».

Ce faisant, il faisait mille suppositions sur cette maison extraordinaire puis il essaya de l’oublier et continua son repas d’herbes bien grasses et bien appétissantes. Quand le soleil fut au plus haut il se coucha à l’ombre du grand marronnier où il aimait bien s’installer pour ruminer. Toutes ses pensées revinrent alors vers cette maison de l’escargot, si originale, si extravagante avec son toit en colimaçon et qu’il avait tellement hâte de visiter.

Mais l’escargot ne revenait pas. Il ne fallait pas s’en étonner encore car on sait bien que, même pour faire des courses, les escargots ne filent pas à vingt à l’heure ! Or le nôtre, à vrai dire, n’était pas du tout pressé de faire visiter sa maison à ce bœuf un peu stupide. Il s’attardait dans les rayons du supermarché et prenait tout son temps pour choisir la meilleure parmi la profusion de salades en exposition sur les étals, tout en se demandant comment il pourrait bien faire pour éviter de faire entrer le bœuf chez lui, sans le vexer. N’ayant pas encore trouvé la réponse, il décida de rentrer par le chemin des écoliers afin de se donner le temps de réfléchir encore.

Chemin faisant il rencontra un crapaud, tous deux devisèrent quelque peu si bien que l’escargot se confia à son nouveau compagnon. Celui-ci, depuis l’histoire de sa cousine la grenouille, si bien racontée par monsieur Jean de La Fontaine, ne tenait pas le bœuf en très grande estime, le jugeant responsable de la folie de sa cousine, un peu vaniteuse en vérité. Le crapaud conseilla donc à l’escargot de déménager le plus loin possible de ce balourd de bœuf, trop curieux, lui suggérant même que celui-ci était peut-être mal intentionné !

Déménager, ce n’est pas cela qui posait problème à l’escargot habitué à se promener avec sa maison mais il fallait faire vite et, voyez-vous, avec une maison sur le dos, vous ne seriez vous-même sans doute pas beaucoup plus rapide que l’escargot.

Notre ami reprit sa route et rencontra le lièvre. Celui-là n’était pas pressé du tout, il faisait bien la course avec une tortue mais, tellement sûr de gagner, il pensait avoir tout son temps pour bavarder avec l’escargot et ne s’en priva pas. Il lui parla des bois où l’on rencontre parfois de jolies biches et des écureuils qui grimpent si prestement aux arbres qu’on a à peine le temps d’apercevoir leur queue en panache. Il lui décrivit les sous-bois, où on peut trouver plein de fougères délicates et des champignons de toutes les couleurs, et encore des mûres délicieuses, quelquefois des framboises sauvages et des myrtilles. Tout à coup, regardant sa montre, il partit comme une flèche : l’escargot n’avait même pas pu placer un mot tant ce vantard était volubile ! L’escargot reprit sa route. Décidément, pensa-t-il, on ne peut guère compter sur les voisins pour répondre à nos questions. Je vais devoir parler au bœuf. Sans doute mieux vaut-il une bonne explication que de faux prétextes. Si je lui explique bien, il va sûrement comprendre...

L’escargot arriva enfin à l’entrée du grand pré vert. Le bœuf était à la balustrade et l’attendait confiant et serein ; alors l’escargot, prenant son courage à deux mains, tenta de lui expliquer patiemment que visiter l’intérieur de sa coquille, ce n’était pas vraiment possible car elle était très fragile, et bien trop petite et que, de plus, il n’avait pas eu le temps de faire le ménage ! Le bœuf, un peu déçu, comprit la pudeur de son compagnon sans faire d’histoire mais, trop curieux, il supplia alors l’escargot de lui raconter tous les trésors qu’abritait sa merveilleuse maison.

L’escargot, soulagé, ne se fit pas prier et se mit à raconter et à décrire les mille et une petites choses singulières qui ornaient sa coquille. Il parlait de la décoration, du style, énumérait les objets les plus hétéroclites, les décrivait avec force détails, bref : il en rajoutait... Ravis, le bœuf l’écoutait attentivement posant parfois quelques questions. Alors, l’escargot, voyant combien le bœuf était heureux, racontait et racontait encore, brodant à n’en plus finir. Le bœuf, tentant d’imaginer tout cela, se mit à rêver. L’escargot, lui aussi, rêvait et plus il rêvait plus il racontait et tous deux parlèrent ainsi jusqu’à la tombée du jour.

Pour ma part je crois bien que la maison de l’escargot était beaucoup trop petite pour contenir tous ces trésors, mais je ne le dirai ni au bœuf ni à personne.

de Gécé https://short-edition.com/fr

Père Jérôme de la Roulière

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