Ça se dispute 2026 - 2027
Ça se dispute ! Drôle façon de s’exprimer, incorrecte : on se dispute, oui, mais on ne dispute pas de quelque chose. On discute plutôt de la chose.
Nous allons quand même dire : « Ça se dispute », même si ce n’est pas français !
Avec Jacques Bréchoire, découvrez L’ACTUALITÉ sous un angle philosophique et théologique.
Ces chroniques sont également à écouter sur le site de RCF Poitou
– Ça se dispute 131-> « Revoilà la « dispute » !
Dispute 131
Revoilà la « dispute » !
Après la rupture estivale des chroniques « Ça se dispute », nous en proposons de nouvelles ! Par obligation ! Puisque notre histoire est toujours nouvelle, et que nous nous sommes donnés comme objectif de « penser ce qui nous arrive » (Hannah Arendt). On peut se contenter de vivre, mais Socrate, le maître à penser de tous les temps et de tous les hommes ( !), disait qu’ « Une vie sans examen ne vaut pas d’être vécue ! » (Apologie de Socrate, 38a). Et puis c’est dangereux de ne pas réfléchir assez : on peut facilement se taper dessus, la violence règne partout.
1 –
L’originalité certaine (ego !) de cette chronique est qu’elle se présente sous forme de « dispute », mot qui n’est pas français – on dit plutôt « discussion » ! Mais c’est un amical clin d’œil aux universités du Moyen Âge pour lesquelles la dispute était un exercice scolaire pour les étudiants, la « disputatio ». Il s’agissait de voir le « pour », puis le « contre » de telle affirmation ou thèse. Il s’agissait de « travailler » le sujet choisi par ce type de questionnement rigoureux.
Et ne voit-on pas sous nos yeux, hors du cadre universitaire, la reprise de cette discipline de la « dispute », à la radio, sur la toile, à la télévision, mais aussi dans les lycées…, C’est signe qu’on en a besoin, comme un besoin vital.
2 –
Cette année, nous nous proposons d’élargir nos chroniques à caractère philosophique, au champ immense de la théologie de l’Église. Dieu sait si cette Église, de ses origines apostolique jusqu’à aujourd’hui en a connu des disputes.
Va-t-on dire qu’elles ont enrichi la foi, et que sans elles, l’Église perdrait son éclat pour devenir quelque chose de raplapla ?
3 –
« Jésus annonçait le Royaume, et c’est l’Église qui est venue »
Une de nos prochaines chroniques théologiques portera sur l’Église. Une dispute célèbre, due à l’abbé Alfred Loisy, enflamma les esprits : « Jésus annonçait le Royaume, et c’est l’Église qui est venue » dans son livre « L’Évangile et l’Église » en 1902. Et son opinion continue d’être grandement partagée aujourd’hui et de compliquer un peu la vie de l’Église ! Ne dit-on pas communément : Le Christ, oui, l’Église, non ; ou : l’Évangile du Christ, oui, l’institution ecclésiale avec sa hiérarchie, ses dogmes, sa morale, non.
Une de nos conclusions sera qu’il nous faut mieux parler de l’Église, et la découvrir sous l’angle mystique, qu’elle est aussi.
4 –
Sommes-nous sortis du totalitarisme ?
Une autre chronique nous est inspirée par la grande figure d’une intellectuelle engagée et que nous fréquentons abondamment dans nos chroniques : Hannah Arendt.
On lui doit entre autre, une réflexion sur le totalitarisme (nazi et soviétique), qui a fait date. Un sujet lui aussi ô combien actuel (voir les élections en cours, en Allemagne).
Et puis, surveiller en nous les réflexes « totalitaires », les réflexes d’ « emprises » qui existent bien. Pour faire comprendre, Hannah Arendt utilise la symbolique de l’oignon ! Passionnant !
5 -
Peut-on être mystique ?
Une autre chronique portera sur la mystique. Au temps de la prolifération des spiritualités diverses, beaucoup de jeunes chrétiens pensent que l’Église manque de spiritualité (trop rationnelle, trop morale, trop autoritaire) et ils vont chercher ailleurs la mystique qu’ils ne trouvent pas chez eux (dans les religions orientales par exemple..
À l’aide d’un fameux théologien contemporain Henri de Lubac, nous montrerons qu’au sein de la tradition chrétienne aussi, des trésors mystiques existent bien et qu’ils peuvent « séduire » de jeunes esprits. La mystique qui prétend avoir une relation directe avec Dieu, est une bonne nouvelle à entendre : personne n’est exclu de l’expérience religieuse. Les « mystiques de tout poil » le prouvent.
6 –
La dispute sans fin ?
« Peut-on discuter de tout ». C’est une grande question : une dispute dans la dispute ! Y a-t-il des choses « indiscutables », et qu’on n’aurait pas le droit d’y toucher par nos débats ? Le risque du règne de la dispute qui s’empare de tout pour en débattre, peut bien être de croire que l’homme en société a la maîtrise de la vérité. Il n’en n’a pas la maîtrise puisque l’homme a besoin d’en discuter justement. Mais la discussion publique en a-t-elle elle-même la maîtrise. N’y a-t-il pas un « mystère » des choses hors portée humaine, hors société ? La réponse n’est pas facile.
7 –
La crise de l’autorité
Hannah Arendt a dit des choses fort utiles, toujours pleines d’actualité sur « la crise de l’autorité », caractéristique, dit-elle, du monde moderne. L’autorité des élus en politique ; des maîtres en matière d’éducation ; des parents dans les familles ; dans la relation des hommes et des femmes ; des responsables religieux dans l’Église de tous… ou encore, qu’est-ce qui fait autorité dans les œuvres d’art ? Etc.
8 –
La banalité du mal
Hannah Arendt inaugure semble-t-il le concept de « banalité du mal » : La figure d’Eichmann au procès de Jérusalem, lui fait dire qu’il ne se rendait plus compte de ce qu’il faisait dans le traitement des prisonniers des camps de concentration ; qu’il était par delà le bien et le mal. ; que c’était devenu banal pour lui de se comporter ainsi. Ce « mal radical » (Kant) peut-il exister, c’est la question. La tradition chrétienne a des choses à dire, mais l’obscurité des gens demeure.
9 –
Gaïa ! La terre
Admiratif du grand texte Laudato si, du pape François (2013), le philosophe Bruno Latour engagé dans la prise en considération de l’écologie, demande qu’on invente une nouvelle conception du monde et de la terre. Il y a eu un « bougé » dans ces conceptions.
Cette terre qui nous offre l’hospitalité en nous permettant de poser nos pieds dessus ! Ce n’est pas rien ! Camus parle de « l’amour de la terre grave et souffrante ».
10 –
Ces projets de chronique, parmi tous les autres sujets possibles, les vôtres, très attendus, n’hésitez pas (jacques.brechoire@orange.fr). Vœux de bonne réflexion à tous.
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