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  • À quoi pouvons-nous comparer le Royaume des cieux (1) ? (16ème dimanche Année A)

    Dans l’évangile de Matthieu, les trois paraboles – de l’ivraie dans le champ – du levain dans la pâte – de la graine de moutarde - ont pour but de nous initier à la compréhension du Royaume des cieux. Ces trois paraboles sont les dernières annoncées aux foules, en public ; la suite des discours du Christ Yéshoua se déroulera à la « Maison », la maison de Simon bar Yona, en présence des disciples, en privé.
    (Matthieu 13, 24-43)

    L’ivraie dans le champ

    Le mot « ivraie » vient du mot latin « ebriacus » qui signifie « ivre », car les graines de l’ivraie sont légèrement enivrantes. L’ivraie est du genre « lolium » qui comprend des espèces fourragères, tel le ray grass.

    L’ivraie est appelée aussi : « zizanie » du grec zizanion ; de là vient l’expression bien française « semer la zizanie ». C’est aussi dans l’évangile de Matthieu que notre culture a emprunté les expressions : « avoir des talents » - « les ouvriers de la onzième heure ».

    Dans le récit de Matthieu, on constate que la récolte du froment est compromise en raison d’un malfaisant qui a semé de l’ivraie dans un champ à l’insu du propriétaire. Le bon sens paysan nous fait comprendre qu’il ne faut pas arracher les mauvaises herbes ; mieux vaut attendre le temps de la moisson.

    Les chrétiens que nous sommes doivent accepter que le Royaume des cieux soit pour un moment une communauté où se mêlent le bien et le mal.

    Nombre de communautés chrétiennes se sont constituées dans le but de se retrouver entre personnes – soit de même niveau social – soit de même engagement sociétal ou de mêmes pratiques religieuses ; ces personnes se sont choisies en fonction de leurs affinités ; communautés de purs, ils avaient en somme tout simplement « arraché l’ivraie » avant la moisson du Père.

    Le levain dans la pâte

    Le mitron le sait mieux que tout le mondes, il suffit d’une pincée de levain pour faire lever une quantité importante de pâte.
    L’annonce et le vécu de la Parole sont ce levain qui fait grandir le Royaume.

    La graine de moutarde

    La graine de moutarde – le sénevé – devient un arbuste ; ses fleurs jaunes colorent souvent le fond des vallées palestiniennes. Pour mettre au clair le sens de la parabole, il fallait que ce soit un grand arbre pour que les oiseaux du ciel puissent y faire leur nid, pour que tout homme y trouve un abri dans le Royaume annoncé.

    Le bien et le mal se côtoient dans la construction ici-bas du Royaume des cieux ; le disciple doit avoir confiance et comprendre qu’il y aura un juste jugement, confié au Fils de l’homme. Les fidèles, adhérents à la Parole du Christ Yéshoua resplendiront dans le Royaume du Père.

    « Ceux, qui auront compris, brilleront comme la splendeur du ciel et ceux, qui auront enseigné la justice pour la multitude, brilleront comme les étoiles. » (Daniel 12, 3)

    Tympan de la basilique de Vézelay. Jugement dernier