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Le riche et Lazare
26ème du temps ordinaire, année C.
Luc 16, 19 à 31 : parabole du riche et de Lazare.
Moissac, abbatiale Saint-Pierre. Frise du portail. Vers 1100.
Ce bel ensemble de sculpture romane se lit de droite à gauche, suivant de près le texte évangélique, hormis toutefois les scènes infernales.
Le riche, en situation élevée par rapport au pauvre, est devant une table bien garnie
Solidement campé face à nous, bonnet en tête, il est accompagné de sa femme, elle aussi richement coiffée, qui porte à la bouche quelque mets succulent pris dans son assiette. Cet élément féminin est absent de la parabole.
A la droite du riche, le serviteur derrière une cruche présente une coupe démesurée.
Le sculpteur a pris plaisir à remplir la table pour « les festins somptueux de chaque jour ». Toute cette scène est comme enfermée par une arcade et une sorte de porte ou de panneau qui l’isole du reste du monde.
Lazare, le pauvre, est couché, profil tourné vers l’ange dans le ciel, le corps tout couvert de pustules. Deux chiens viennent lécher ses plaies. La mort n’est pas loin, il est comme dans un tombeau. L’ange porte son âme au paradis (l’arbre de vie) jusque dans le sein d’Abraham.
Abraham, toujours vivant (Matth.22, 32), de stature imposante, trône sur un riche fauteuil. Il serre contre lui Lazare devenu sain. Il le prend sous sa protection, celle
même de Dieu Père. Le dialogue avec le riche dans la fournaise est omis pour ne retenir que l’aspect positif de la parabole et sa conclusion, la « pointe » de son enseignement :
Moïse montrant du doigt le rouleau des prophètes. C’est là que se trouve notre règle de vie. Sinon « quelqu’un pourra bien ressusciter des morts : ils ne seront pas convaincus. »



