Le Christ s’est arrêté à Capharnaüm

Le Christ s’est arrêté à Capharnaüm

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La vie publique de Jésus (les gens l’appelaient Yéshoua) commence par un déménagement ; Jésus part pour Capharnaüm, en hébreu : Kaphr Nahoum , le village de Nahoum.

Jésus quitte son petit village de Nazareth où il a vécu son enfance. Il vient habiter en ville. Joseph ayant quitté ce monde, Marie se retrouvait seule et ne comprenait pas bien les nouvelles orientations de son Fils. En notre siècle de mobilité, il me plaît de penser que Jésus, en bon migrant, a dû s’accoutumer à de nouveaux voisins, se faire de nouvelles relations, se chercher un logement.

Capharnaüm, précise Matthieu, est une ville « située au bord du lac, dans les territoires de Zabulon et Nephtali ».

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Capharnaüm est la ville de Shimon (Pierre). Les archéologues ont découvert la modeste maison de ce marin, tout près du port. La maison de Pierre a été « vénérée » comme lieu de culte : on y a retrouvé environ 150 graffiti en langues locales à la mémoire de Jésus et Pierre. C’est ici, dans cette maison que Jésus vient habiter.

Certains affirment qu’à peine arrivé dans la maison, Jésus avait guéri la belle-mère de Pierre en proie à une forte fièvre.

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Capharnaüm, ville frontière aux confins de deux états d’Hérode Antipas et de Philippe. Cette ville avait un poste de douanes ; Lévy (Matthieu) en est le chef. Une garnison de soldats romains s’y était établie. A la différence de Nazareth, minuscule bourgade, cachée au repli de ses collines, Capharnaüm était un lieu de passage et de brassage de populations, étape importante sur la célèbre « Via Maris » qui reliait Damas, porte du désert à Césarée, porte de la Méditerranée.

Capharnaüm est définie par Matthieu, à la suite d’Esaïe, comme « le pays de Zabulon et de Nephtali, route de la mer et pays au-delà du Jourdain, Galilée, toi le carrefour des païens. »

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La Bonne nouvelle ne sera pas annoncée d’abord à Jérusalem ou dans la Sainte Judée, mais dans ce pays marqué d’influences païennes.

Et Matthieu, en bon juif connaisseur des Ecritures, citera encore le prophète Esaïe : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. Sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre, une lumière a resplendi. »

A Capharnaüm, vivait le centurion qui n’osait pas inviter Jésus chez lui : « Seigneur, je ne suis pas digne… »

Il y avait aussi le chef de la synagogue Jaïre dont la fille était morte et sera ressuscitée par le prophète Jésus.

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Il y avait des officiers, des publicains, des marins, les plus connus : Shimon et Andréas, Jaacob ben Zabdi et Johanan son frère, tous originaires de Bethsaïde au nord du lac.

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Il y avait des boiteux, des aveugles, des lépreux, les pratiquants de la synagogue dont les ruines ont été mises à jour. Il y avait les péripatéticiennes, telle Marie de Magdala qui tous les matins rentrait chez elle, après le travail de la nuit.

Des foules affamées aux pêcheurs du lac, nul n’échappera à la Parole et aux gestes libérateurs de Yeshoua ben Iosseph : « Un grand prophète s’est levé parmi nous ».

Sur le quai de Capharnaüm, un soir alors qu’ils déchargeaient leurs poissons (des saint-pierre), Jésus se choisit ses premiers disciples : des marins. Matthieu écrit : « Il vit deux frères, Shimon appelé Pierre, et son frère André qui jetaient leurs filets dans le lac. » Et puis ce fut le tour de Jacques et de son frère Jean, affairés sur une autre barque.

« Venez, je ferai de vous des pêcheurs d’hommes. Laissant leurs filets, ils le suivirent. »

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Dans la touffeur orientale, déjà le jour baisse.

Jésus s’est retiré dans la montagne pour prier son Père.

Le soleil disparaît derrière le mont des Béatitudes.

Le lac scintille sous les premières lumières de la ville.

On entend le clapotis des vagues sur les pierres de la jetée.

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Le bruit court qu’un paralytique s’est relevé, « a pris aussitôt son brancard, est sorti devant tout le monde. Tous étaient stupéfaits et rendaient gloire à Dieu en disant : « Nous n’avons jamais rien vu de pareil. »

Un certain Jésus, récemment arrivé de Nazareth, y serait pour quelque chose.

Père Joseph GUILBAUD

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