Laissant là leurs filets, ils le suivirent

LAISSANT LÀ LEURS FILETS, ILS LE SUIVIRENT

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« Après l’arrestation de Yohanan le Baptiseur, Jésus ou plutôt Yéshoua, puisqu’on l’appelait ainsi, partit pour la Galilée. » (Mc 1, 14-20)
Markos (Marc) ne dit pas, dans un premier temps, pour quelle raison le Baptiseur est arrêté par la police romaine et jeté en prison. Il le dira plus tard ; mais dès le début de son récit nous sommes avertis : ceux qui veulent annoncer la Bonne Nouvelle, tel le prophète Yohanan (Jean Baptiste), seront en butte aux violents ; ils seront rejetés, à commencer par Yéshoua lui-même. Dans ce passage de l’évangile de Markos, Yéshoua apparaît ; mais déjà le Christ sait ce qui l’attend : la défiance, la persécution.

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Yéshoua partit pour la Galilée. « Peuple de Zabulon et de Nephtali, route de la mer et pays au-delà du Jourdain, Galilée, toi le carrefour des païens » (Is 8, 23)
Pourquoi le Christ va-t-il annoncer l’Evangile en Galilée ? Parce que c’est « une terre de païens » et c’est tout un symbole : la Galilée s’oppose à Jérusalem où règnent les autorités juives qui feront tout pour contrer Yéshoua de Nazareth et le faire disparaître. Chaque fois que Jérusalem sera mentionnée dans l’évangile de Markos, ce sera toujours dans un sens d’hostilité au Christ.

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« Yéshoua partit pour la Galilée proclamer la Bonne Nouvelle de Dieu » nous dit Markos.
On traduit souvent le mot grec : euangélion (εὐαγγέλιον) par Bonne Nouvelle : on pourrait tout aussi bien traduire ce mot par « Joyeuse Nouvelle ».

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La prédication du prophète Yéshoua en Galilée a eu un effet très heureux :

par l’importance des foules qui venaient à Lui ; ils étaient 5000 sur la rive du Lac de Tibériade ; ils étaient 5000 qui avaient faim et partagèrent le pain

par la profondeur d’un message qui véhiculait une espérance extraordinaire, l’espérance du salut ; « Les pauvres sont évangélisés ».

« Yéshoua dit : les temps sont accomplis ; le règne de Dieu est là ». Par ces mots, le Christ annonce qu’il vient accomplir le règne de Dieu annoncé par les prophètes. Dans le seul évangile de Mattai (Matthieu), Yéshoua de Nazareth dit, à 23 reprises, qu’il est venu annoncer le Royaume des cieux. Markos et Loukas parlent du Royaume de Dieu. Les deux expressions sont équivalentes.

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La cause de Dieu va triompher : les pauvres, les affamés, ceux qui pleurent, ceux qui sont écrasés, les pécheurs, les malades vont être libérés. Avec Yéshoua de Nazareth, Dieu est là, à l’œuvre.

« Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle ». Cette proximité de Dieu, chacun de nous peut l’accueillir, à chaque instant. L’important est de nous convertir, de nous tourner vers Dieu.
Alors nous regarderons comme le Christ, nous jugerons avec l’Esprit du Christ ; alors nous missionnerons avec la force du Christ.

« Passant au bord du lac de Galilée, Yéshoua vit Shimon (Pierre) et son frère Andreas (André) en train de jeter leurs filets… Aussitôt ils le suivirent ».

Nous savons par l’évangile de Yohanan (Jn 1, 40-41) que Yéshoua avait déjà rencontré ces hommes à Beth Ananiah (Béthanie) sur les rives du Iarden (Jourdain). Il les connaissait. En utilisant le mot « aussitôt », Markos veut montrer combien l’appel est impératif, urgent.

Yéshoua de Nazareth n’est pas comme les scribes qui réunissaient des disciples pour discuter, pour réfléchir, pour brasser des idées ; Yéshoua n’est pas un maître à penser ; Yéshoua est un « maître à agir ». Il exige de ses disciples non seulement de bonnes oreilles, une bonne intelligence, mais du « souffle » pour le suivre et marcher avec lui. Annoncer la Bonne Nouvelle, nous l’avons dit, n’est pas de tout repos.

Un peu plus loin, Yéshoua vit Iaacob ben Zabdi et Johanan son frère (Jacques et Jean, fils de Zébédée) qui étaient dans leur barque et préparaient leurs filets ; Yéshoua les appela… ils partirent à sa suite.

La foi ne porte pas, avant tout, sur une doctrine, sur des idées, mais sur une personne. Lorsque Yéshoua demande de croire à la Bonne Nouvelle, Il veut nous signifier que c’est à Lui qu’il faut adhérer, la foi consiste à s’attacher à la personne même du Christ. Trop souvent, les gens sont plus attachés à des coutumes, à des rites religieux qu’au Christ lui-même.

Dans le récit de l’évangéliste Markos, on le voit, Dieu a besoin des hommes. Nous venons de rencontrer les premiers adhérents à l’œuvre de Dieu. Pour le règne de Dieu, il faut des personnes engagées ; c’est la raison d’être de nos communautés chrétiennes locales.

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« Maître, nous avons peiné toute la nuit, sans rien prendre, mais, sur ta Parole, je vais jeter le filet ». Lc 5, 5

Père Joseph GUILBAUD

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