La Bible, une histoire d’eau

La Bible, une histoire d’eau

Dis, Papy, toi qui es si vieux, c’était comment, l’eau, avant qu’elle coule du robinet ?

Tu sais, pour les hommes, l’eau a toujours eu la plus grande d’importance. On dit même que c’est le plus grave problème pour les années à venir, autant que celui des sources d’énergie. Dans le passé, c’était surtout les femmes qui allaient chercher l’eau à la fontaine ou au puits. C’était vrai chez nous, et il ne fallait pas la gaspiller. C’est vrai encore dans bien des pays. Tu as sans doute vu des photos de ces femmes africaines portant l’eau sur leur tête dans des calebasses. Rude travail que connaissaient bien les femmes de la Bible !

Papy, raconte-moi l’histoire de l’eau dans la Bible ?

De l’eau, il y en a partout, dans la plupart des récits, du début jusqu’à la fin. Il est dit, dans le 1er ch. de la Genèse, que l’Esprit de Dieu planait sur les eaux et que Dieu sépara les eaux d’en dessus et les eaux d’en dessous. Les gens de la Bible s’imaginaient la terre comme une galette surmontée d’une voûte d’où sortaient les eaux d’en dessus (la pluie). Sous cette galette, il y avait les eaux d’en dessous (les sources alimentant les fleuves et la mer). Ce qu’il faut surtout retenir de ce poème, c’est que Dieu veut un monde organisé, à l’opposé du chaos du début. Et ce monde est fait pour l’homme, qui doit le respecter, vivre en harmonie avec lui.

Malheureusement, ce n’est pas toujours vrai. Le récit de la Bible le dit à sa façon : Dieu voit le mal fait par l’homme, se met en colère et, par le Déluge, il veut revenir au chaos initial pour repartir à zéro.

Tu y crois, toi, Papy, à cette histoire de Déluge ?

Sans doute pas comme c’est raconté ! On sait bien aujourd’hui que, de l’eau par-dessus les plus hautes montagnes, ce n’est pas possible ! Mais je crois à ce que ce récit veut dire. Dieu n’accepte pas que le mal domine le monde. C’est comme s’il avait envie de tout détruire. Mais, malgré tout, il aime l’humanité, en la personne de Noé et de sa famille. Avec lui, c’est comme une nouvelle Création qu’il réalise. La vie triomphe : c’est le symbole de la colombe au rameau d’olivier, symbole de la vie avant de devenir celui de la paix. L’arc-en-ciel sera le signe de l’Alliance de Dieu avec les hommes.

Cette Alliance, Dieu va la préciser, dans le récit biblique, à travers des hommes qu’il aura choisis, Abraham, Isaac, Jacob, Moïse. On reparlera plus tard de ces belles histoires qui se déroulent auprès des puits pour certains de ces personnages. Mais puisque tu veux que je te parle de l’eau dans la Bible, je voudrais te rappeler comment Moïse à fait passer les Hébreux à travers la mer à pied sec.

Papy, tu rigoles ! La mer à pied sec ? C’est pas possible !

Avant de t’énerver, commence par ouvrir ta Bible et prends le récit tel qu’il est, en essayant de comprendre ce qu’il veut te dire. Note au passage que le nom de Moïse signifie « sauvé des eaux ». Dans ce grand récit de l’Exode, il commence par vivre lui-même ce qu’il réalisera avec le Seigneur pour le peuple d’Israël. Tu remarqueras que ce passage de la mer est raconté de deux façons très différentes. Dans l’une, c’est Moïse, avec son bâton, qui fait surgir le sec (Ex 14, 16), un peu comme dans le poème de la Création (Gn 1, 10). Dans l’autre, c’est le Seigneur lui-même qui repousse l’eau avec un vent violent (Ex 14, 21). Ceux qui ont rédigé le récit final, en rassemblant les deux traditions, veulent lancer un appel à faire confiance (avoir foi) à la Parole de Dieu, en toutes circonstances, même les plus désespérées. L’eau, ici, c’est la force de Dieu qui détruit le mal symbolisé par les Egyptiens, et c’est en même temps la force de vie pour le Peuple qui met en Dieu son espérance.

Après le passage de la mer, tout a bien marché ?

Oh non ! La foi du peuple a été mise à rude épreuve. Il s’est souvent révolté. A la prière de Moïse, Dieu lui a donné la manne à manger. Mais le plus grave, c’était le manque d’eau ! Moïse lui-même, d’après ce qu’en dit le livre des Nombres (ch.20), aurait manqué de confiance en frappant le rocher deux fois au lieu d’une avec son bâton pour faire jaillir l’eau. C’est pourquoi, Dieu ne lui permettra pas de conduire le peuple dans la Terre Promise. Il mourra avant. C’est Josué son serviteur qui le fera.

Ce passage du Jourdain est raconté de façon très solennelle au ch.3 du livre de Josué ; c’est comme une nouvelle traversée de la mer. A vrai dire, au niveau de Jéricho, le Jourdain, aujourd’hui encore, n’est qu’une toute petite rivière, mais dans la Bible ce franchissement solennel représente la prise de possession de la Terre promise et donnée par Dieu.

Papy, c’est bien le même Jourdain où Jésus a été baptisé ?

Tu veux sans doute que je te parle de l’eau dans le Nouveau Testament. Je n’ai plus beaucoup de place pour le faire. C’est pourquoi je reprendrai un jour la conversation avec toi sur ce sujet : le baptême de Jésus, la tempête apaisée, la marche sur les eaux, la pêche miraculeuse (celle des Synoptiques et celle de Jean), la guérison du paralysé de la piscine de Bethzatha et celle de l’aveugle de naissance, le lavement des pieds, l’eau et le sang coulant du côté transpercé de Jésus après sa mort. Tu vois qu’il y a matière à parler ! Entre temps, comme promis, nous aurons regardé de près ce qui se passe autour des puits dans la Bible.

Je voudrais simplement terminer mon entretien ave toi en citant deux versets du dernier chapitre du dernier livre de la Bible chrétienne, l’Apocalypse, et tu vas voir combien c’est idiot de traduire ce mot par ‘catastrophe’ (Ap 22, 17 et 20) :

L’Esprit et l’épouse disent : Viens !

Que celui qui entend dise : Viens !

Que celui qui a soif vienne,

Que celui qui le veut reçoive de l’eau vive, gratuitement….

Celui qui atteste cela dit : Oui, je viens bientôt.

Amen, viens, Seigneur Jésus !

Joseph CHESSERON

Répondre à cet article