2014-01-19 « Voici l’Agneau de Dieu ».

Dimanche 19 janvier 2014, 2ème ordinaire, année A.
Jean 1, 29 à 34 : « Voici l’Agneau de Dieu ».

Pupitre de sainte Radegonde. Buis, vers 530.
Au monastère de Sainte-Croix, Saint-Benoît (86).

Cet objet est précieux à plusieurs titres : il est le « meuble » en bois le plus ancien connu en France, et son imagerie, conforme à la tradition de son époque, est riche de contenu religieux. Détaillons la.

l’Agneau nous est présenté sur la plaquette centrale, selon la désignation qu’en fait par deux fois Jean-Baptiste pour ses disciples, à savoir la personne de Jésus. Qu’entend-il par là ? L’Agneau pascal (Exode 1) ? Ou l’agneau muet dans sa conduite à l’abattoir (Isaïe 53, 7) ? Le Baptiste ne semble pas penser à un contexte de Passion du Messie, mais à celui d’une intronisation royale de l’agneau vainqueur, comme dans la littérature juive de l’époque puis dans l’Apocalypse.

Cet Agneau, vu par les chrétiens, est debout, ressuscité, avec les palmes de son martyre, « seigneur des seigneurs et roi des rois » (Apocalypse 17, 14). Il est sans nimbe, comme à Ravenne, mais il s’agit bien du triomphe du Christ-Agneau par sa croix.

La croix est ici présente (sans représentation du crucifié avant le 6ème siècle) sur les deux plaquettes latérales, croix pattée, aux bras évasés, ornée de douze petits cercles concentriques. La partie supérieure s’accompagne d’un léger volute, rappel de la lettre « r » grecque présente dans le monogramme du Christ, celui qui est justement encadré de deux aigles au sommet de la plaque. Même couronne et mêmes aigles pour encore la croix au bas de la plaque. On ne peut mieux identifier l’Agneau comme celui qui est digne de recevoir honneur, gloire et louange (Apocalypse 5, 12).

Les quatre animaux, aigle, visage humain, taureau et lion, sont couronnés de gloire aux quatre coins de la plaque, comme la cour céleste autour du trône de Dieu et de l’Agneau (Apocalypse 4, 7 et 5, 8). A la suite de saint Irénée, on en a fait les symboles des quatre évangélistes, mais ici sans nimbes ni livres.

Voici l’Agneau de Dieu
qui enlève le péché du monde

Jacques Lefebvre